Archives par étiquette : Saurat

Accueil Balcon du Fenouillèdes

Il serait civilisé que ceux qui puisent dans cet article, pour publication lucrative ou pas, aient le savoir vivre soit d’indiquer leur source soit de faire un lien, merci.

Il est bâti au flanc d’une colline… Toutes ses fenêtres assistent bouche bée au lever du soleil. C’est un village ancien. De pierre noire cernée de mortier blanc, lavé, brûlé…

…de Ludovic Massé in Visages de mon pays en 1937.

Adissiàs e benvenguda a tots. Bon dia i benvinguda a tots. Bonjour et bienvenue à tous.

Visites, sites complémentaires, sources, liens en fin d’article.

Ce site n’est pas figé dans le temps, il est régulièrement documenté.

Prats de Sournia littéralement les Prés de Sournia, ce déterminant accolé en 1933 sème la confusion. Il est convenu dans les esprits que Prats ne fut jamais une dépendance féodale ou un écart de Sournia. Mais en 1612 le seigneur de Rabouillet délégua toute juridiction sur Gaston d’Aniort son homologue de Sournia. Il faut aussi signaler des mariages entre les familles seigneuriales. Nul doute que ces épisodes ont du participer à la dite méprise. Quand à la forme Prats  elle fut fixée en 1913, jusqu’à cette date Pratx prévalait sur ses variantes Pratz ( Carte du Gouvernement général du Languedoc en 1721, Louis Fédié en 1880 ) et Prax en 1801 sur le Bulletin des Lois. Sur le cadastre de Le Vivier 1812 rédigé d’une main experte, Prats apparaît ainsi : Commune de Prata, cette forme date de 1793 / An II. Ces finales en X ou Z se rencontrent toujours du pays d’Aude à la Haute – Marne et dans le Jura. Pour plus de clarté nous n’utiliserons que le vocable Prats dans les pages suivantes. Lequel est uniformément en usage de la Catalogne au Languedoc. Le territoire communal fut semble t-il plus étendu, trois interprétations appuient en ce sens.

  •  Roquevert – Saîssa : Des familles de Prats y possédaient jusqu’à une date récente.
  •  Un texte de 1334 situe l’église Sant Cernin à Prats, pourtant ce lieu est sis sur la commune de Le Vivier. Deux hypothèses en vogue, soit le document précité est inexact, soit cette chapelle a été démembrée de Prats suite aux procès sur fond de limites communales pendant la Révolution ? La dernière est probablement fondée, Jean Justin Bouchadel maire de Le Vivier assura in situ son égal de Prats ( Jean Calvet ) que le vallon de Pressillas et a fortiori St Cernin appartinrent à la commune de Prats. Aigas Biòles prononcez Aygues Bioules témoignerait il de ce passé ? Biòla = borne, limite. Plusieurs sources jalonnent les contours du territoire actuel : Font dels Piusèllas la fontaine des pucelles à la Pelada, sous le chemin de l’Impériale au PC 490 en arrivant à Saissa, Font Marie au moulin de Roquevert, Font de Sant Couat, Campix, entre Campix et le PC 389. Aigas Bioles aurait il appartenu jadis à ce groupe ? Là aussi des familles de Prats ont toujours des biens sur ces terres limitrophes, à La Borde de l’Esquiròl entre autres lieux.

photo en – tête : Réalisation 2017 Chaudronnerie Imbert  St Paul de Fenouillet.

Village perché sur la façade maritime du Fenouillèdes laquelle suggère un amphithéâtre naturel, étagé au pied de son imposante tour féodale et au carrefour d’antiques voies de communications dont la Strada Confluenta aussi dite Confluentana / La route du Conflent plus connue ici sous le nom de Camin de Caudièrs ( Carcassonne, Limoux, Rennes le Château, Caudiès, Prades, Thuir et Elne ). Point de convergence et étape d’importants itinéraires de transhumance, parcourus jusques dans les années 1960 par les bergers du Narbonnais, du Rivesaltais montant au Madres soit par Mauri, Lesquerde ou St Paul de Fenouillet, soit par Planèzes et la vallée de la Désix, Aussières, Roquefortez, Querigut…  Ceux andorrans*, du Donezan  ou de Montaillou  venant brouter sur les bords de l’étang de Salses, des lieux –  dits en gardent la mémoire : Calmeil,  Carrerasse, les Fumadas, Ièras, Pauses, Pelada, Plan de la Cort, Ramade, Saline, etc. Tout cela implique des centaines de milliers de têtes. roqueforthistoireetpatrimoine

Balcon du Fenouillèdes

Le pâté de maisons agrippées au farahon, la tour du XI – XII è. ( Au plus tard ) est dit Balcon du Fenouillèdes, un surnom qui n’est pas usurpé puisqu’il ouvre une fenêtre sur un large tiers des Pyrénées – Orientales plus une vue inoubliable sur le massif du Canigou. Les randonneurs ne tarderont pas à se transporter de l’étang de Sigean à la Costa Brava. Au Nord la Montagne Noire, le mythique Pech de Bugarach. Côté Ouest et Sud, le Madres 2469 m., tant de sommets Pyrénéens et la nuit le phare du Cap Béar vient auréoler son ancêtre carolingien.

Galerie

Un petit territoire mais grand par la diversité de ses paysages du parc naturel Corbières – Fenouillèdes. Vues disponibles agrandies sur l’article Photos + panel complémentaire.

Les marchés de l’amour

L’immense périmètre géographique** des unions matrimoniales de nos ancêtres dénote par rapport aux destinations précédentes et aux relations traditionnellement nouées via les foires et marchés de Quillan, Caudiès, Rivesaltes et ceux de la vallée de la Têt à Vinça, Ille et Prades. C’est une particularité comparativement à un village voisin ou un pourcentage conséquent de mariages a été intra – muros. Nous verrons que la meunerie a participé à cette attractivité sans attendre sa libéralisation, la commune demeure entourée de 15 moulins hydrauliques, ceux à vent ont disparu. Peut – être aussi faudrait -il rapprocher une partie de ces circulations de l’exode du grand sud de la France vers la Catalogne dès le XIV è. qui plus est avec la proximité de l’antique route de Carcassonne à Elne ? Plusieurs patronymes sont en conformité avec ces migrations. Voir à DÉMOGRAPHIE sur l’article Chronologie historique. A la date 1585 sur fenouillèdes.fr

* Plus de 6000 en ne prenant que Salses comme exemple.

** En s’en tenant au temps des seigneurs : Jusqu’à Montauban ?,  Avignonet – Lauragais, La Bastide ( Toulouse ),  Roquefère, Saurat, Paziols,   … Les registres de baptêmes et mariages démontrent que déjà aux XVII – XVIII ème plusieurs familles avaient jeté des ponts sur Elne, le Conflent à Finestret, Rodès, Vinça, Joch, Nyer…. , peut – être dans une moindre mesure sur la vallée de la Têt jusqu’à Canet. Il n’est pas interdit de présumer une antériorité. Dans les années 1800 : Niort de Sault, Quérigut, Les Angles 66, Laroque des Albères… On est loin de l’idée reçue des unions circonscrites dans un rayon de 20 km orthodromiques ou de celles dans lesquelles le nom de jeune fille est identique à celui de son époux, ce qui est comparativement exceptionnel à Prats.

Monuments

D’ordinaire, à l’évocation des monuments du village, on mentionne la tour à signaux et l’église Saint Félix comme étant les seuls. C’est une inexactitude en rapport à l’oubli d’un écart, étant des plus dissimulés par le relief, le moulin de Ste Marie ou Font Marie édifice privé et habité, déjà cité en 1379. Vraisemblablement celui dit de Cinta en 1140 lors d’une donation à l’Ordre du Temple, territoire de Douzens. La liste s’allonge considérablement en y associant le petit patrimoine de pays lequel ne se limite pas aux cabanes.

Culture

Prats n’est pas en Roussillon mais en Fenouillèdes, plus pertinemment dans le Fenouillèdes, francisation de Fenolhedés en Occitan languedocien. La culture et la langue des familles qui y sont enracinées séculairement. En voie d’être supplantées par de nouveaux arrivants généralement roussillonnais. Fenolhedés comme Razés, Carcassés, Cabardés… D’après René Nelli de l’Institut d’Etudes Occitanes, D.Baudrel et d’autres linguistes sans aller les chercher au pays de Cervantès (Fenolheda, Fenollède ).

Origines

Dans l’immédiat, faisons les débuter de vers – 4500 à – 2500 puisque le village est proche de cromlechs. Ce sont des cercles de pierres levées qui ont en commun avec les menhirs le flou de leur datation et de leur fonction.

Un bracelet et des aiguilles de l’âge du bronze ont été mis à jour. Plusieurs toponymes sont révélateurs. Als Fumadas à nôtre humble avis des rites païens ont du se dérouler auprès de la pierre levée, laquelle ressemble tellement à un menhir et surtout à un phallus de 3 m en hauteur apparente, quand il se laisse découvrir au détour d’ un virage en venant de Le Vivier. On remarquera que ces mégalithes jalonnent dès Espira de l’Agly, les parcours de transhumance ci – dessus situés.

Ressemble à un menhir phallique? Accotement RD 7, Col Als Fumadas à Prats de Sournia.

Plus de commentaires sur fenouilledes.fr aux pages néolithique, époque à laquelle est susceptible de remonter le chemin désigné la Carrairasse, une ancienne draille pavée.

Les romains ont laissé des tessons sur l’oppidum. Comme à Fosse des monnaies faustiniennes c’est à dire du IIe siècle après J-C ont été trouvées. Ce qui tend à appuyer l’attache ci dessus avec ce village, la Strada Confluenta.

 » Le premier texte  » relatif à Prats n’est pas la bulle de Serge IV qui fait mention en 1011 d’alleux concédés à St Michel de Cuxa par le comte de Bésalu, Bernard dit Taillefer, dont l’un In villa pratis. Au moins deux actes antérieurs nous sont parvenus, des chartes de donation au monastère de St Martin Lys, en 934  » Prats en Fenouillet  » y est cité et en 941 Pezilla est considéré dans la juridiction de Prats. En 988 St Félix apparaît. Source Wikipédia / Prats de Sournia mais la référence y est pour le moins inexacte.

Ces donations nous révèlent la fameuse peur de l’an 1000. Il fallait prendre quelques précautions avant de passer de l’autre côté, d’où ces générosités envers les abbayes.


Alleu : Domaine donné en récompense aux guerriers Francs, à titre héréditaire et exempt de redevances.


         A ne pas manquer 

Chaque vendredi de juillet – août à 10 h. dans le cadre des Flâneries Culturelles de la communauté de communes Agly – Fenouillèdes, visite accompagnée et  gratuite du village sur réservation au 04 68 59 07 57.

Visite de la tour à signaux et son exposition sur ce thème. Toute l’année Fenouillèdes.com/pratsdesournia

Itinéraire de promenade découverte du village au départ de la cave coopérative, agrémenté d’une dizaine de panneaux didactiques.

Sources documentaires

Prats de Sournia, un village du Fenouillèdes, ( 220 pages, 24 x 17 cm ), Bordes, Calvet et Crambes, BCC dans les pages suivantes, 2012.  Disponible par courrier à : Mairie – 66730 Prats de Sournia, sur le site de la commune ou par téléphone au 04 68 97 74 06.

N° 10 des Cahiers d’Ille et d’Ailleurs , 34 pages sur Trévillach, auquel ont été rattachés depuis la Révolution Roquevert et Séquère.

De Garrigues en Ministères, de Claude Guillabert ( ENA ), paru aux éditions de St Amans en 2010.

Moulins et meuniers en Fenouillèdes, fin XVIII – XX è, collectif AAPO, 245 pages, éditions Trabucaïre, 2021.

Autres sources sur Liens et Livres Fenouillèdes. 

Les pratséens ou pratois en francisant férus d’histoire locale sont relativement nombreux. Je lance un appel à leur participation à l’enrichissement de ces lignes. Prenons garde que notre patrimoine culturel ne sombre pas dans l’oubli avec la raréfaction des familles séculairement établies. Dans un avenir proche toute transmission orale en sera empêchée. Il est du devoir de chacun de communiquer les faits locaux à sa connaissance, fussent-ils ténus.


Ce site n’est pas une émanation de la commune. Il n’est que l’œuvre d’un passionné et n’engage que ce dernier. Ceux qui à trop lire entre les lignes y verraient quelques flèches décrochées à l’attention de quiconque seraient dans la méprise grotesque. Ce n’est ni mon intention, ni ma compétence, rien ni personne n’est parfait en ce monde. Les auteurs des 725 commentaires indésirables perdent leur temps, ils sont bloqués avant d’arriver à destination, sort identique des 43 000 tentatives de connexion malveillantes !

.Site officiel de la commune Découvrir Prats de Sournia.


map-home

Distances : Perpignan – Ille – Prats de Sournia : 52 km en 1 h. Perpignan – Ansignan – Prats de Sournia : 55 km en 1 h 10′. Perpignan – St Paul – Sournia : 61 km en 1 h 10′. Quillan – Prats de Sournia : 39 km en 45′. Prades – Prats de Sournia : 29 km en 45′. St Paul – Prats de Sournia : 19 km en 30′ .

Tous articles confondus, vous avez été 2348 visiteurs en 2019, une érosion profonde amorcée en 2017 en dépit de nombreux apports entre – temps. Inversion temporaire de la courbe au dernier trimestre 2020 avec 804 visiteurs.