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Toponymes du Fenouillèdes

Ils ont été recensés à Prats de Sournia et villages limitrophes. Le plus souvent ils se révèlent languedociens à l’oreille, nous sommes en pays occitan. Nous les avons orthographiés selon l’Alibert, le ” Larousse ” de la  langue d’Oc, y compris ceux issus du cadastre où ils figurent phonétiquement.

Le passé Aragonais ou  ” Catalan ”  du Fenouillèdes est des plus réduits, résultante de deux legs, vers 1170 à 1220 et  vers 1240 à 1250, les tentatives de conquête ont échoué. Auparavant au temps des carolingiens il dépendait de la Marche d’Espagne et du comté de Bésalu, localité au sud de la frontière actuelle. Ces régions militaires étaient régies par la  ” France “, les comtes et marquis carolingiens de l’entourage de Charlemagne et leurs descendants prêtaient serment d’allégeance à St Denis . Il en était ainsi jusqu’au fleuve Llobregat au sud de Barcelone… Quasiment tous les roussillonnais et autres Catalans ( Conflent, Cerdagne, Vallespir ) ignorent ce pan de leur  histoire, leurs  historiens  ” Omettent ” généralement et séculairement d’évoquer ces bases fondamentales. Le Fenouillèdes fut définitivement acquis à la France dès 1258.

 

A ne pas perdre de vue :

 Il convient d’être méfiant en présence de toponymes de prime abord catalans.

Plusieurs articles de fenouillèdes.fr* vous expliquent jusqu’à quelles extrémités l’excès de zèle expansionniste  catalan aboutit au mépris des occitans limitrophes. Traditionnellement et au delà de tout spécialiste probe, le catalan français autochtone de la Catalogne Nord qui débarque en Fenouillèdes aura propension à cantonner son raisonnement aux termes de sa langue maternelle, les noms français et languedociens du pays** seront naturellement  ” Réemballés  ” à la sauce catalane sans que la tromperie soit obligatoirement voulue, stigmate d’un sentiment surréaliste de fierté identitaire catalane susceptible de ne pas être dominée. Cette attitude dalinienne  ( Salvador Dali ) est chez eux l’opinion la plus répandue. Ce lieu commun est de ceux qui fautent l’interprétation de tout lecteur non averti  en matière culturelle et historique du Fenolhedés.

Concernant les personnages, en pareil cas le moindre mal est de consulter le texte d’origine par exemple la thèse de R. Tréton qui en reproduit en italique de nombreux extraits.  Enfin la toponymie est plus du ressort du linguiste que de l’historien fut il de renom. D’autres aussi regrettent ce type de liberté, Un souffle cathare –  Avertissement.

* Pages A Propos, Toponymie, Gavach…

** Sans limitation à ceux des lieux – dits. Même le mot Fenouillèdes apparaît en catalan dans des ouvrages d’expression française signés par des historiens sang et or de renom.

 

 

Los Agradanos CAD. ( Les Agradanes ) L. De agrada = beau, agréable, plaire et anos = le lieu, le site. Hormis cette approche, E.Bordes relate dans sa monographie une version coquine en phase avec l’endroit couru par les bergers. Un toponyme simultanément catalan et occitan.  En vieux français Agrader est synonyme de fertiliser.

Les Aguzanes ( Las Aguzanos CAD.) : C + L, L’endroit où on aiguise ? Une étude de la Société Agricole Scientifique et Littéraire des Pyrénées Orientales datant du XIXème siècle attribue une origine gallo romaine soit Aguzanum, propriété d’un supposé Guza. Nous préférons voir un hydronyme. Rivière et grotte de l’Aguzou à Escouloubre 11. Le ruisseau de l’Aguzanum à St Estève 66.

Pour savoir où nous transportent ces suffixes, fenouilledes.fr Chronologie historique à la date 285.

Pont aux Aguzanes avant le déluge du 29/11 2014

Pont aux Aguzanes avant le déluge du 29/11/2014

Aigas Biòlas ( Aygues Bioules IGN ) :  Aigas = Eaux, Biola = Borne, limite.

Antinès CAD. : Le préfixe parait grec, la terminaison celtique = eau ? Captage de Pézilla. Ce lieu – dit s’étend sur les communes de Pézilla de Conflent  et de Prats.

Aragnos ( Aragnous ) :  Il s’agit du  Prunus spinosa avec simultanément la forme orale de l’équivalent catalan Aranyoner hors le suffixe, et surtout celle du languedocien Aranhon*. Toutefois d’une part le prunellier  n’est pas courant en indication toponymique, de l’autre la contrée a enduré des razzias aragonaises. De fait derrière cet Aragnos pourrait se cacher un Aragonés ou comme à Caudiès sa déclinaison Aragous depuis 1542, une des années ou ils ont rasé cette paroisse entre autres. Ce site s’il existe réellement se situerait dans le triangle Prazels – Sant Couat – traverse de Pézilla ? *Egalement surnommé Agragnous phonétiquement.

Aragou  parlé de Arago, Aragon, est aussi ancestralement un patronyme typique du Fenouillèdes. Enfin l’ Épine noire est généralement couverte de toiles d’araignées. A ce stade comment ne pas faire remarquer que le mot  araignée, tant en catalan que en occitan a une graphie très proche,  Aranya et Aranha.

Les Arques : Deux arcades de pierres encastrées dans un mur.

L’Ausina ( L’Auzina CAD. ) : Le chêne vert ou Quercus ilex. L.

Les Axinettes : L’endroit se caractérise par de grandes faîsses ( Terrasses de culture ) bien exposées, délimitées par un chemin de contrebande qui fut pavé et desservant le Claus ( Voir à ce mot ) local. En dépit de l’altitude, autour de 600 m, l’asperge y abondait naturellement. Une croix des rogations s’y dresse à deux pas de l’église romane.

Qu’es aco ? En prenant un risque minimal d’erreur, ETTES = PETITES. Le reste est plus hasardeux, la présence du X nous paraît surprenante, supplanterait il un C ou un double S ?  Mais à Trevillach il existe un lieu dit Les Axinels. Manquerait il une consonne en initiale ? Ces interrogations aboutissent à retenir quatre hypothèses d’ascendance languedocienne.

  • Acina ou Açana + ettes = Soit la Cenelle  ou baie de l’aubépine. Elle – même nommée Acinièr ou Albespin, ce dernier l’épine blanche en traduisant. néanmoins ce postulat et le quatrième soulèvent une incohérence avec la proximité immédiate de l’habitat. Comment concevoir des broussailles en terrain cultivé avec des chèvres et des moutons à l’entour, sauf régression culturale et retour à la forêt.
  • Bacin + ettes = Bassin, bassine, cuvette.
  • Rasinet + ettes = Petite grappe.
  • Tacina – Tassina + ettes = La viorne mancienne ou Viburnum lantana. Mais ce joli petit arbuste commun sur le versant opposé, ne l’est pas en ces parages, trop cuisants à la belle saison. Enfin il est douteux pour un emploi en toponymie.

Aychart CAD. : Les Essarts du L. Eissart ? Le premier est probablement phonétique.  Le S doublé se prononçant CH,,  trois éventualités :

  • soit un dérivé de Aissada avec son synonyme Eissada ou Aixada, la houe respectivement L et C.
  • Soit une variante de Eissarrar, croiser un labour. L.
  • Sachant que ici aussi la terre est basse, faisons un parallèle avec Eissalancar, s’éreinter en L. Voir ci dessous une éventualité à Aichausses.

Bac dels Arques : Arques dériverait du latin Arca = Dolmen, tombe. Voir Fenouilledes.fr à – 2500. L. Sens de Bac ci – dessous.

Bac de la Fage : Le Bac de la hêtraie, de l’occitan Faja = hêtraie, lui même issu du latin Fagus = Hêtre. Orientation nord oblige quelques sujets descendent jusques vers 700 m d’altitude. Rien d’extraordinaire en cela puisque près de la source de l’Agly on rencontre la hêtraie – sapinière sans s’élever autant.

Bac de la Mulade : Un Bac ou Bach variantes du languedocien Ubac =  Versant nord, ombrée. Une hypothèse pour Mulade, de Muolade = Mulet, en langue d’Oc ? Sinon Mula / Mule en catalan.

La Barso CAD. : Sens indéterminé. Barsa à Le Vivier.

La Borde :  L. De nos jours sur la commune de Le Vivier au  col de Guza, propriété d’une famille de Prats. Selon sa définition généraliste, habitation attenante à la propriété ou à la bergerie et occupée durant la belle saison. Ce toponyme correspond communément aux métairies de la reconquête sur la forêt au XVIè siècle, un système permettant  au seigneur de tirer un revenu du sol. Quand est – il en ce confins de paroisses? A une altitude approchant les 800 m, c’était une terre de prédilection pour la pomme de terre, la betterave fourragère, le maïs, le seigle et d’autres céréales. Plus anciennement une bergerie occupait les lieux. A Prats  cette désignation  a trait à un cortal  ( Voir  ci dessous ) amélioré, en ce sens qu’un espace cuisine s’y trouve, éventuellement un local pour le matériel, pour dormir il suffisait de monter au fenil. Microtoponyme à usage familial ?

Plusieurs bordes sur le territoire communal, la borde d’en Carbonne sur le GR 36 en périphérie de La Pelade.

Aux XII – XIII èmes siècles c’étaient des biens  confiés à des serfs unis à leur seigneur par des liens de dépendance personnelle avec possibilité de s’en affranchir.

Bosc d’en Baillette : Bois de Baillette. L. et PAT. A l’origine ce patronyme s’écrivait Valette.

Bosquet (Bousquet) : Bosquet. L.

Cabés – Carlés : Deux noms pour un même lieu, ce qui ressemble à un passage du catalan au languedocien.

  • Cabés le médiéval semble être la phonétique de caves ou coves qui sont au sens premier des creux du relief ou sur une roche, des cavités. Caves s’applique à un tunnel gallo-romain à Espira de l’Agly, Coves à des silos à grains de la même période, Las Cobas quartier de Perpignan. Coba désigne une grotte sur le versant opposé de la Désix, vers Rapane. L’échine rocheuse de Cabés est trouée par de modestes grottes. Voir à l’article Histoire en 1638.
  • Carlés = C’est d’abord un oppidum où des tessons romains y ont été découverts, c’est aussi sans l’accent aigu,  un patronyme signifiant en français Charles dont le curé de Sournia en 1743. Un Carlès couru des spéléos à Dourgne dans le Tarn, donc faudrait – il retenir la racine Car = Rocher ? Associé à camin il désigne Charlemagne, y aurait-il eu une antique route dans ces parages? Le chemin de l’Impériale non loin de là serait-il Le chemin de l’empereur?
  • Variante du corbièrenc Carla?  Où Carla s’accorde souvent avec rocher imposant et oppida.

Les cavités de Carlés, la grotte bergerie.

Al Calmeill (Al Carmeill CAD.) L. Le Calmeill PC 781 m : Graphie selon le parler local, le double L semble fautif. De l’occitan calma, pacage de moutons, lieu où les ovins font la sieste, hauteur avec des rochers ou à la végétation rase ( La Calm à Font Romeu, Calmeilles dans les Aspres , Calmel village disparu dans l’Aude, Calms aujourd’hui Camps sur Agly) . Du prélatin car = rocher. combiné à un diminutif eil = petit. Ce qui est en harmonie avec les parages de la croix. Nous suspectons eil d’être la phonétique de èl.

 Camin de Caudiès : CAD. ( Cami de Caoudiès ) Ancienne route de Limoux à Prades par le col de Saint Louis, Fenouillet, Fosse et Sournia. Avec une bifurcation à le Vivier vers les Albas, Ansignan, Estagel. Romaine à en croire la signalétique à Notre Dame de Laval. La présence des Romains est attestée à Campoussy. Itinéraire des armées royales jusqu’au XVIIe siècle. Ce qui implique d’innombrables exactions et des frais d’étape pour les paroisses traversées. Camin, graphie occitane pour chemin.

Camin de Roquevert ( Roquebert ) : Route frontalière avec l’Aragon de Estagel à Prades par Ansignan, les Albas, Roquevert et Campoussy. Croisement à Roquevert à destination de Prats et de Sournia. Là aussi les pavés en galets de granite ont résisté à l’épreuve du temps.

Camp d’en Duffour : Champ de Duffour, Voir article Histoire de ce site en 1750. L.

Camps d’en Guillo CAD. : Champ de Guillo PAT. ; Anciennement un propriétaire de ce nom. A moins qu’il ne s’agisse du renard = Guillo en catalan. A priori on lirait alors D’el Guillo ?

Camp d’en Pons : PAT.

Camps de la Soulano CAD.

Campix CAD. ( Campich) : Pich de l’occitan Picharra… Présence de sources à faible débit. Le suffixe ix serait-il celtique ?

Canton Borgne ( Cantou Borgne ) : De nos jours l’impasse des hirondelles. L. Canton = Coin de rue, coin du foyer au sens de feu. Les rues du village ont porté un nom voilà bien longtemps au point qu’ils sont tombés en désuétude.

Cap Blanc CAD. :  Littéralement Tête ou plus logiquement Promontoire Blanc puisque le masculin prévaut. Éperon calcaire en belvédère dominant Saîcha, ce rocher aurait été exploité pour la chaux. Son écroulement en serait la conséquence.

Capelania ( Capellaniu ) : Le presbytère, accent aigu sur le A final. L.

La Carrerasse  CAD.C. Ou Carrairasse = Carreirasse ? Du Catalan à l’Occitan, dérivé du latin Carraria / Carreria pour chemin carrossable.  pourrait correspondre à une voie romaine sinon pré-romaine ou à un chemin de transhumance, une carraira en languedocien. Cependant elle paraît quelque peu étroite pour cette destination pastorale en comparaison de la draille du Languedoc. D’autre part un pavement a subsisté en plusieurs endroits. Des pavés pour des brebis et des chèvres ? Ce chemin à du avoir diverses destinations. Toponyme fort répandu dans le bassin de l’Agly. Aménagée en sentier de randonnée, balisage jaune. C’est aussi le chemin de traverse de Prats à Sournia.

  • Le suffixe asse = rue, semble être d’origine germanique. Il est connu en rive droite du Rhin dans strasse. Les alsaciens ont Strasbourg.
  • Sans dévoyer la réalité d’une voie antique, il faut citer J. M. Cassagne à propos de Fargasse, la forge de Sournia : Asse est souvent à valeur dépréciative, plus rarement augmentative… Auparavant il aborde le cas de La Cabanasse sur la via Conflentana.
  • Asse peut aussi traduire l’ancienneté, l’obsolescence.

As Castanhièrs ( Castagniès CAD. ) : As évoque à la fois une altération de l’article pluriel catalan Las = Les et de son homologue local languedocien Als. Castagniès pour Châtaigniers paraît aussi bien dériver du catalan que de l’occitan, respectivement Castanyer et Castanhièr?

Catla CAD. et IGN (Cailla) : Altération du languedocien Calhau / Pierre très dure, Caillou, le sens le plus élémentaire à nôtre humble avis et en matière de caillasse on y est bien servi. Sinon synonyme de Calha, la caille languedocienne. Catlla = Château en catalan. Un Catla à Conat.

Caussi CAD. : Bien nommé, pour un causse calcaire. L.

La Chapelle  ( La Capeille ),  Capéla en languedocien , la chapelle des suppliciés. Ceux qui me connaissent comprendront pourquoi je ne pouvais l’éviter.

 Lo Castèl / Le Château : Quartier haut du village, espace entre la tour et la Placette. La forme occitane est extraite de Nomenclàtor Toponimic de Catalunya del Nord – IEC / UPVD, lien en fin d’article. Nous avons lu le fantaisiste Castellas sur un site aux couleurs catalanes, jamais entendu dans ces murs, l’explication après recoupements est dans l’introduction.

Las Chausses CAD. (Aychausses IGN, Aïchosses) : Aux confins de Sournia et de Prats, sens indéterminé. Ai pourrait être une amputation de la dialectisation audoise de Las en Lai puis Ai en vocalisation. Lai comme Las = Les. Chausses s’approche de causse, même sens sur l’ Alibert que sur le Larousse. Au sud de la combe le paysage est conforme au terme géographique. Ce qui nous amène à Eissuch, sec en L., d’autant que le S double se dit CH.

Clapadou CAD. ( La Clapadou ) : Clap = Pierre, Clapa = Eclat de bois ou copeau, Aclapar = Couvrir de pierres. L.

Le Claus probablement Al Claus : L’ enclos, le clos. Les environs du tennis, les vignes y étaient closes par des murets. L. Al Claus s’appliquait usuellement à la réserve seigneuriale. Le droit de clore était propre au seigneur. Espace vraisemblablement dédié dès l’origine à la vigne en tant que culture précieuse. La proximité de l’église à 300 mètres conforte ce qui précède. Cet endroit est également nommé Tancorat ( Tancourat ), voir à ce toponyme ci dessous.

Clòt Font Barbix ( Clot Foun Barbix CAD. ) : Le clos de la fontaine de Barbix. A Prats Clot correspond invariablement à un embryon de vallée. Remarquez le suffixe à consonance gauloise. L.

Clòt del Rach : Un T est présumé après le A.  Rach = Ravin. Celui en direction de Sournia aussitôt après La Rabouillère. L.

  • L’appellatif rach relève de l’occitan rajar “Jaillir, gicler “ Claude Pla.

Clòt d’en Rivière : P. et PAT. Un autre patronyme à la même phonétique, Ribière.

Coba En Calh : Grotte En Calh à Trevilhac, lieu – dit  Rapane. A nôtre avis la forme Coba d’en Calh est une déviante. Si Coba est catalan, le languedocien En Calh traduit l’inachevé, un grain ou un fruit non arrivés à maturité seront exprimés ainsi. De même la pré – puberté ou les fontanelles avant leur cohésion.

Combo Bella CAD. ( Coumo Beilla ) : Vraisemblablement Petite Combe sinon deux éventualités, Belle Combe ou Combe Vieille. L.

Les Commandeurs : En souvenir de la présence templière ou en relation avec l’intérêt panoramique du lieu – dit ?

Como Miquel . CAD. : Combe de Michel voire de Miquel un patronyme du cru. La variabilité de la graphie Combe nous ramène à l’exemple Prats ci dessous.

Conc ( Counc ) : Conque, figuré Al Cros sur le cadastre, un synonyme occitan signifiant Le Creux. L.

Las Corbes P. et L.  Indique des ravins à l’écoulement  saisonnier, justement c’est le cas à l’endroit qui nous intéresse en amont du captage du Prats d’en Pézilla. Le rapport au corbeau communément avancé dans tout le Languedoc est la plupart du temps  fantaisiste sous les cieux méditerranéens, toutefois  ils n’y manquaient pas de grains quand les céréales occupaient l’espace. Cela ressemble à une confusion avec Corbatièra, cité dortoir habitée par des corbeaux dans la proche banlieue… d’un champ de maïs.  La plus part des étymologistes estiment que Corbes dérive du radical pré – celtique Korn, variante de Kar = Rocher, mais sur ces champs point de rochers escarpés ou pas.

La Costo CAD. ( La Coste ) : Le coteau. L. Le sens de chemin est autant à retenir.

Le Cougul P : Deux possibilités, soit Coguol le coucou occitan, soit une queue en allusion au resserrement de la vallée ?

Coumail ou Coumeil d’en Marti P. Petite combe de Marti, Marty voire Martin.

Coumo dels òrts CAD. : Phonétique languedocienne de l’équivalent catalan Coma = Ravin. La graphie occitane étant Comba, Coume, ce dernier tout en étant occitan n’est pas considéré appartenir au vocabulaire languedocien.

Lou Courrédou : P. Un impasse relativement étroit nous menant à Corredor = Corridor. C. + L. C’est un des noms très ancien des rues du village, qui se cache sous les plaques actuelles apposées dans les années 1980.

Cova de les Encantades :  Grotte des fées à Pézilla de Conflent. Extrait de Lieux et légendes du Roussillon par Jean Abélanet.

Ce Cova c’est à dire grotte de l’autre côté des frontières (1258 et 1659 ) est étrange* dans le bassin de l’Agly, il ne correspond pas  à la désignation des cavernes du Pays qui est Cauna, la caune de Carlés de la dorsale de Prats; D’autant que dans ce recueil le Fenouillèdes ou Fenolhedés en Languedocien apparaît exclusivement sous ses déclinaisons exotiques qui sont Fenollède et Fenolleda écrites à la catalane.

* Étrange sans être étranger comme déjà vu a Coba en Calh. Voir la précédente cohabitation catalan avec languedocien au travers de Cabés – Carlés.

Ravin de la Coummo CAD : Coumo dels Orts prolongée.

Ravin du Counq CAD. Phonétique de Conc.

Coutibe de Pressillaa ( Pressillas CAD. ) : De Cotiu ou Coitiu = Terrain inculte en languedocien. Un des innombrables mots du dictionnaire Gabach usité par les catalans. Coutibe dérive de la phonétique de Cotiu. Sens de Pressillas, mystère ? peut- être une corruption de Pressillac, comme Bournac, Cadérac et Frédérac, chacun à Le Vivier, ces suffixes en AC évoquent d’emblée des propriétaires Gallo Romains. A voir, le Recueil des chartes du Masdeu volume 1, . L’article église St Félix et fenouilledes.fr Chronologie en 285. L.

Col de la Croix de Fer / Crotz de Fèrre* :   A l’intersection des chemins de Prats  à Trévillach , de Sournia à Pézilla et de l’église de Sant Couat. Oratoire des Rogations, témoin des processions. * D’après Nomenclàtor Toponimic.

Oratoire des rogations du Col de la Croix de Fer.

Oratoire des rogations du Col de la Croix de Fer.

Al Cros : Voir à Conc.

Crotz ( Croux ) des Axinettes, des Falhièras, de la Soulano, Croix de Fer, toutes des Rogations. Croix de mission du Calmeill. Croix de Garouilla et de Moussen Perillou toutes deux disparues. Voir pages Histoire en 1638 et 1888. L.

La Désix : Torrent, nouvelle terminaison façon Vercingétorix, A. de Pous propose Désig. Adasig est quelque fois avancé, Adadig en 1142. Là on se rapproche du commun Adoux lequel s’applique à une source = Dotz ou par dérive Adotz, la Doux à Rabouillet où la Désix naît. Ce toponyme est de ceux susceptibles d’être liés à la pénétration des Tectosages de la Narbonnaise vers – 300.

La Devèse ( Débésou ) Interprétations les plus couramment admises.

Le Fajàs : Ou Fagas improprement, du latin fagus,  le hêtre, ici celui d’en Baillette classé arbre  remarquable. Dans la forêt de Le Vivier aux confins avec Prats. L.

Falgasses ou Falgas ? C. + L. Il y passe le Camin de Caudiès, cependant une réserve est à émettre. S’agirait il de Falgas ? Un nom de lieu dit qui n’est pas rare, au point de le retrouver dans la même vallée ou guère plus éloigné, Les Falgassous, un petit plateau dominant la rive droite de la Désix. Falga de falguièra, falgaira… La fougère aigle. Comme fallières, le Rec des Fallières.

Favièra L. ( Fabière ). Une fabiére étant un champ de fèves = fabes. Elle était après le blé la plante la plus importante dans l’alimentation en permettant de constituer des réserves pour l’hiver.

Las Foînes IGN : Un rapport envisagé avec Faînas = Fouines, misère. Avec une inclination pour ce dernier sens, anciennes cultures en terrasses ( Faîssas ) sur pente abrupte et sol squelettique. L.

Font d’en Cauneille : PAT. ,  venu au XVII ème du bassin du Rebenty – Cailla?

Font du curé : Tarie, à la Soulane sur le sentier des jardins en rive gauche du ruisseau.

Fontmarie L. Au moulin de Duffour à Roquevert.

Font dels Piusélas : Fontaine des Pucelles. L.

 La Font Vièlha* / Fontvieille ( Founvieille ) L. : Maçonnerie datée de 1830, mais avec une telle désignation elle est à présumer plus ancienne. Il existait une fontaine antérieure au Rec de la Farda, celle citée en 1686 ? Le vieux chemin qui commence dans le virage dominant les abreuvoirs la desservait. * D’après Nomenclator Toponimic.

Le Four à Chaux : A Cabés – Carlés.

Al Frigola CAD. ( Frigoulat ) : De frigola le thym du Languedoc. Dans le même parler selon Pierre Malvezin Frigoula = Envie de sauter, danser. Trépignement d’un cheval, saillie ? Mouvement nerveux chez l’homme.

Als Fumades CAD. : Pourrait désigner un espace de fumage de viande au néolithique ? Un toponyme similaire à Caramany, voir liens en bas de page. Sinon les toponymistes y voient un dérivé de ” Fémus ” le fumier. Il s’agirait d’une aire de couchée pour les ovins, par voie de conséquente d’un parc de fertilisation. L.

Garabouillère CAD. : En occitan Garra = Endroit pierreux. Garrabièr = Eglantier. Voir à Rabouillère.

Al Garrolha,  AL Garouillat CAD. L. ( Garouilla ) Désigne le chêne à Kermès et nous donne ainsi une vague indication de la situation. En langue d’Oc, le o se prononce ou.

La Gaunha ( Gaouna ) : Joue, visage, trogne, creux d’arbre … L. Au – delà de la rue ainsi nommée au début des années 1980, il s’agissait déjà  de la frange du bâti dominant le lotissement en cours.

Versions Claude Pla, lequel a répertorié  La Gauna avec un accent aigu sur le A final à Laroque – de- Fa, Maisons, Quintillan , comme ici des lieux habités.

  • Pourrait être issu du gaulois Acaunos = Pierre, rocher. L’antique falaise d’Acaunus dans le Valais, au pied de laquelle sera crée un sanctuaire regroupant les ossements des 6500  martyrs de la légion des coptes thébains, massacrés par les romains pour avoir refusé au nom de leur foi  de persécuter d’autres chrétiens vers la fin du IIIè siècle, si Saint Eucher évêque de Lyon a dit vrai. Ce lieu sacré précède l’abbaye de St Maurice.
  • Autre hypothèse, une ascendance avec l’abbaye de St Maurice d’Agaume construite au VIè siècle en succession d’une église du IVè. Acaunus,  Acaunum, Agaunum, Agaume, La Gauna.

Ginebre C. ( Ginèbre ) = Genevrier cade, on prononce ginièbre, en quelque sorte un compromis catalan – occitan. Ce toponyme se situerait aux alentours de la miellerie mais comme pour Aragnos il pourrait y avoir contestation, à moins qu’il ne s’agisse d’une désignation à usage privé afin de situer un champ par rapport à d’autres. D’autre part ce genre est prolifique dans ces parages, son usage toponymique en est rendu improbable hors éventuelle particularité du dit genévrier.  Plusieurs concernant des végétaux me sont sortis de l’esprit. L’équivalent côté croix raymondine mérite d’être rapporté, il s’agit de Genibre alias ( Génivre ).

Gorgatières ( Gourgatières CAD. ) : Gourg, c’est à dire une mare en milieu karstique, en condition d’eau pétrifiante. Ce toponyme est surprenant dans un environnement schisteux. L.

Cela étant une gourgue en langage oral est un bassin, une réserve d’eau attenante à une source ou alimentée via une paissièra, en Fenouillèdes rigole d’amenée d’eau du ruisseau. Ce type de réservoir d’une dizaine de mètres cubes habituels dans les potagers, permettait de s’affranchir du tour d’arrosage qui pouvait être à des heures impossibles.

Col de Guza CAD. Voir à Aguzanes.

L’Hort des Encantades : André Guiter en 1875, repris par Jean Abélanet. L’Hort tel quel est catalan, les Encantadas sont des fées tant en Catalogne que en Occitanie. Voir l’article Histoire en 1874 et la remarque émise à Cova de les Encantades.

Ièras ( Ières ) : Aires à dépiquer selon l’Alibert, L. A l’entour de ce qui fut la cave coopérative, plus durablement les moutons ariégeois ou catalans y étaient parqués au temps des transhumances. Agglutiné en Lière de Rodes sur les hauteurs de Le Vivier.

Impériale : Le chemin qui relie le col de la Croix de Fer à Saîxa. Bien plus ancien que sa désignation napoléonienne ne le laisse à penser, il est la continuité du chemin de Trévillach traité dans cet article. De plus si une diligence à étage s’y est engagée, son cocher était obligatoirement le roi des rênes, plusieurs virages sont en épingle. Impériale est le nom de baptême des routes aménagées sous le second empire entre 1852 et 1870. Localement cela concerne la départementale 117 mais sa construction ayant débutée en 1845, elle fut d’abord dite royale. Retour à Prats, pour l’anecdote signalons à proximité un rocher sommital dont le profil, observé depuis le col de la Croix de Fer approche celui d’un aigle prêt à prendre son envol.  Il se raconte que c’était aussi  une tire de débardage du temps lointain ou des bœufs tiraient des grumes de Boucheville par le Calmeil et Aichausses… Voir à Carlés. je dirais peut – être plus logiquement issus des forêts de Le Vivier. Ce passé au bas mot centenaire expliquerait – il le profond ravinement jusqu’à la roche mère  de ce chemin ? Développement à Le Palhado.

Lagalet CAD. : Agglutination de La Galet ? Gosier, cou, goulot de bouteille … C. + L.

La grimpette : On dirait Montada en langue d’Oc, curieusement seule la forme française a cours. Le seul intérêt de ce toponyme étranger à ceux languedociens qui l’entourent est qu’il  se cache sous la plaque rue Ludovic Massé. Ce romancier présenté par Grasset au prix Goncourt fît quelques séjours en ces lieux. Plus récemment  dans les années 1960 – 80 cette rue était celle des  Aveugles. l’Union des Aveugles 66 y avait fait construire une maison de repos, comme on le pressent les accès étaient inadaptés à cet usage. L’agencement des locaux n’étant pas mieux pensé ses dirigeants préférèrent vendre ce domaine.

Chemin Lòn de Trévillach CAD. : Chemin Luonh = Le chemin qui mène loin. Sinon Long = long, lent, depuis longtemps, de toujours. L.

Le Ménié ( Méné IGN. ) grotte chapelle du Ménier. En remplaçant l’accent aigu par un grave sur le deuxième E on obtient l’équivalent de mine, mineur, minier en Languedoc. Décidément l’endroit est vraiment curieux. Montalba le Château a son Ménié, une ancienne mine de barytine. Voir l’article histoire en 1874.

Las Milhàs ou Le Milhès ( Millès ) : Milhàs d’après Nomenclàtor Toponimic.  Maîs, millet, sarrazin. L.  Du quel est – il question, le millet ou le maïs? Chacun milh prononcé mill.  A priori il s’agit du premier puisque traditionnellement le millet était cultivé plusieurs années d’affilée sur le même lopin. Il avait sa place dans le pétrin, le potage et à la basse – cour*. Grande culture du XIè au XVIIè siècles il sera détrône par l’introduction du maïs. La plaque de rue Chemin des Milles affiche une corruption initiée par la phonétique. Le Milhòrca ou blé noir entrait aussi dans la préparation du Milhàs.*Dans le pays le terme officiel est cortilhe phonétiquement courtille.

Montée des farahoners / Montada dels farahoners ( Mountado dels faraouners ). En langue d’Oc  la racine Far équivaut à Phare. Dans le bassin de l’Agly il faut comprendre Tour à signaux c’est à dire Farahon. Le “donjon” qui domine le village en était un au XIIè siècle. Le signal sous l’aspect de flammes nocturnes ou de fumée en plein jour  était allumé par le Farahoner.  Farahon et farahoner sont des termes du Fenouillèdes. Toujours en langue d’Oc, Montade s’applique à un accès sévèrement pentu, là une rue laquelle aurait pu être aménagée en escalier, une main courante opportune y est déjà. Noms historiques des rues, voir à Canton borgne.

Nacruses : Un vallon, des prairies à l’herbe grasse nageant dans l’eau qui y naît… jusqu’à  une époque récente. Pourrait être issu de Na Cruses. Na en langue d’oc était une particule honorifique pour les femmes, soit Madame … Mais en feuilletant l’Alibert aux pages NA, il émerge que cette racine trempe souvent dans l’eau comme :

  • Narbonne : Narb désignait la rivière Aude du temps de Ptolémée le géographe, en parallèle avec Atax.
  • Nauda ou Nausa : Prairie humide, marécageuse. Et tant d’autre mots…

Cruses : Deux origines occitanes ne peuvent être écartées : Crus en variante de Conc ou Cros développés plus haut.

Crusa pour Dur, Rude, Cruel, Non cultivé.

A Prats, Conc  semble prévaloir, Nacruses est attenant à La Favièra, à l’opposé du chemin du Peyre, c’est la source du Rec de la Farde.

La Palhade (Paillade) ou Le Palhado ( Le Pailladou ) L : La paille. Juste avant d’atteindre l’oratoire de Saixa au débouché du chemin dit L’Imperiale, voir à ce toponyme.  On est sur un ancien ” centre de remise en forme ” … des bœufs employés au débardage. Evidemment personne à Prats n’a connu cette époque, c’est un héritage du temps des veillées au coin du feu. Quand à savoir quelle était la destination des troncs ? Deux éléments plaident pour la Têt à  Ille, à savoir :

  • La géographie et l’ ancien chemin de Trévillach.
  • Les coupes du Madres et de Salvanère aboutissaient  au susdit fleuve via le Col del Tribes, soit par le chemin du Languedoc de Catllar, soit par le tracé en partie commun de la Tira del Rei à destination de Ille sur Têt. Rei est l’équivalent du français Roi autant à Barcelone que à Toulouse, ici en référence aux pasquiers royaux du Madres et de Les Angles ainsi desservis.

Paret Llongua CAD. : Mur Long. L.

Pas de la Mandre L. Pas = petit passage permettant d’accéder à un champ, sentier animalier, là celui de la renarde. Le célèbre col du Pas de l’Escale à Vingrau.

Patas Negras : Les Pattes Noires, les Pieds Noirs. Aucun rapport avec d’autres rivages. Ce surnom des pratois est en allusion à la couleur de la terre particulièrement quand elle est mouillée.

Les Pauses ( Paouzes ) : Sur la base de l’Alibert peut -être un dérivé de Pausas ou de Pausa, respectivement mettre les terres en repos, repos-pause. Ces sols sont si pauvres qu’ils ne sont plus travaillés depuis de nombreuses générations. Du point de vue toponymiste cela viendrait d’une aire de couchée pour les moutons sans qu’ils soient obligatoirement transhumants. L.

Pelade (Pelado, Pellado) L. Issu de Peladis = Terrain pelé. Que ce soit à Prats, Le Vivier, Sansa ou dans les Corbières, ce sont toujours des pâturages de sommets. D’innombrables moutons s’y sont suivis.

Le Peyre CAD. : De Pèira = Pierre, caillou, dalle, l’endroit en est bien pourvu. L.

Sarrat d’en Peyre CAD. : Sarrat  pour une colline dont le sommet est plat. Supposons que Del = Du ait été accidentellement écrit d’en = De. Cependant Peyre a été un nom local, Marie Peyre épouse Henri Cauneille ” à l’origine ” de cette dernière lignée de Prats.

La Pinouse IGN : Pinède. L. Phonétique de Pinosa, en catalan on aurait eu Pinéda.

Lo Plan (Lou PLA CAD.) : Le Plat, comprenez celui du relief. L.

Plan de la cour = Sarrat de la Carrette L. Un plan est un terrain plat, une plaine.

Plan de las Forques L. ( Pla de las Fourques ) Ce toponyme s’applique pareillement à un carrefour d’axes de communication ou aux fourches patibulaires qui étaient généralement implantées en de tels confins de paroisses. Soit sur la route moyenâgeuse Limoux – Prades et  sur la séparation des paroisses de Prats avec Sournia. Voir à Pré des Supplices ci -dessous.

Avec J M cassagne Forques est typique du domaine occitan. Cependant il n’est pas dans l’Alibert, seules des variantes y sont dont : Forquèla / Petite fourche, Forquejaire / Utilisateur d’une fourche. Christian Camps dans son dico de catalan rattache Forques aux fourches caudines.

Pols ( Pouls ) : Poussière, balle de céréales

Pont dels Cabras : Pont des chèvres à Roquevert sur la Désix. L. y compris Pont.. Ouvrage du IXè ou Xè siècle sinon romain.

Pradas : Grand pré. L.

Prats de Pézilla CAD. (Prats d’en Pézilla ) : Les Prés de Pézilla PAT. Une des désignations du cru se caractérisant par des formes différentes. Nos aînés étaient fort inspirés ! A Le Vivier ils l’ont écrit Prata sur  leur cadastre.

Los Prasèls ou Prazels CAD. ( Pragels ) : Les petits prés. Le premier est proposé sur Nomenclator Toponimic.

Pré des Supplices :Par déduction, Prat dels Justicias en C. ou Prat dels essilhaments en L. Voir l’article histoire en 1612 et 1727. Justice toujours ci – dessus à Plan de Las Forques.

La Rabouillère : Où que ce soit dans l’hexagone tout chasseur vous confirmera que c’est un synonyme de garenne. Mais là en terrain occitan il faut peut-être aller à Rabouillet. De Rebolh = Cépée, Taillis. Dans la région Rabouillère s’applique aux défrichements sans déssoussages des IX – Xè siècles ou du XIIè. On m’a toujours situé ce lieu-dit à l’endroit de celui cadastré Garabouillère.

La Ramade : Parc ou sont regroupés les ramats, c’est à dire les troupeaux de moutons, voir l’article cabanes. Toutefois il ne faut pas exclure le sens d’averse. D’autant que dans les secondes précédant l’orage sur le village, on entend quelquefois l’ondée arriver de La Ramade. Notons au passage que ce dernier toponyme est simultanément Catalan et Occitan.

Rapane : IGN A Trevilhac le ravin qui descend du Col des Auzines et la vigie si bien nommée du château de Roquevert car agrippée sur les flancs du Roc Blanc. Retenons les languedociens Rapa / Racine, Souche, tout en préférant Rapar / Ramper, grimper, s’agripper, gravir une pente escarpée, ce qui est en adéquation avec son environnement. Anes / Le Lieu chez les Gallos – Romains. Par ailleurs l’endroit est cerné d’oppida.

Les catalans avec leur Rapar ? Aucun rapport, il se traduit Se Raser.

Rasimière ( Rasimièro CAD.) L. De rasim = le raisin. Soit un endroit où sont produits les raisins, correspondant aux environs de la prise d’eau de la retenue. En témoignent des lianes sub-spontanées de variétés de Vitis vinifera visibles en milieu non refermé. Une sorte de vigne sauvage, commune avant le phylloxéra et capable de grimper à plusieurs mètres. Rasimièra selon l’Alibert, vigne haute, treille, cep appuyé sur un arbre ; vigne sauvage. Les deux premières interprétations correspondent à ce qui m’a été transmis.

Rec dels Falhièras (Fallières ) L. Le Ruisseau des Fougères. Vraisemblable francisation de l’occitan Falhièras.

Rec de la Farda (Farde , Fardo) :  L. Littéralement le Ruisseau du Linge, en fait de la lessive puisque les ménagères de Prats l’ont fréquenté jusques en novembre 1902, date correspondant à la mise en service du lavoir sous la Font Vièlha .

Rec de las Illos CAD. : Chevauche la limite communale avec Felhuns. Le déterminant est l’une des variantes du languedocien Illas soit îles avec  en ne retenant que quelques synonymes, ilhe, Iscla… Au IXè siècle Yla et Ylles concernant Ille sur Têt, voilà pour les origines romanes. Visiblement le sens occitan diffère de celui attendu, point d’île, d’îlot, en se référant au dictionnaire Alibert. En languedocien il s’agit d’une bonne terre riveraine d’un ravin ou d’un cours d’eau,  d’un atterrissement sur une rive. A Prats il se situe  dans un vallon assez encaissé au confluent du Rec de la Coummo avec une ravine descendant de Campix. Compte tenu du relief l’accès en voiture n’est possible que depuis Felluns. Analogies géographiques pour le moins fréquentes en Corbières – Fenouillèdes où ce nom a été attribué à des centaines de sites.

Rec de la Farda, Ravin de la Coummo et Rec de las Illos font trois désignations pour un même cours d’eau. Prises respectivement dans le sens de l’écoulement.

Cascade au rec de Las Illos. Prats de Sournia.

Cascade au rec de Las Illos.
Prats de Sournia.

Roc Courbe IGN : Le bien nommé, vraisemblablement la francisation du languedocien corb pour courbe. L’absence d’accent grave sur le o réfute l’homonyme désignant le corbeau et ce n’est pas son biotope. Corb a le même sens en catalan et en langue d’oc.

Bac de Rodes : Voir Chronologie fenouilledes.fr  à – 2500. L.

Roc Rouge ou Roque Rouge ?  Il me semble habillé de lichens de cette couleur. Cependant une piste nous embarque à destination des phéniciens. Voir Chronologie à -1500. Il correspond au P.C. 881 en limite de la forêt domaniale de Sournia.

Roc Rouge de Sournia

Roc Rouge de Sournia

Roque Traucada ou Rocà Traucada  : Littéralement la roche trouée traduit du languedocien. Las rocàs traucadas sont une curiosité géologique observable en maints endroits du territoire communal et développée sur les fiches sentiers. Ce lieu – dit  est par ailleurs le cimetière des pestiférés. Egalement désigné l’Homme Mort, un toponyme L’Homme Mort à Sournia, peut – être son prolongement et un autre à Le Vivier. Un pays de criminels !

Roquevert IGN. C. + L. Rochas viridi en 1329, viridis = vert. Citons Annie de Pous, ” Rocha “ dénote une antiquité certaine. Il précède souvent le nom des plus anciens châteaux… en mentionnant celui qui nous occupe. Jean Abélanet argumente à l’identique concernant le préfixe avec datation aux IX – Xè siècles voire antérieurement jusqu’à l’invasion arabe.

  • La Désix y est dominée par deux oppida, le Tartier des Maures et Carlés.
  • La tour serait du XIè pour les uns, un farahon du XII- XIIIè pour d’autres.
  • Corrélation ou simple homonymie ? Bernard Alart relate que le seigneur Rocaberti établi sur la frontière du Roussillon, s’opposa au roi d’Aragon en 1308 qui lui mandait l’arrestation des templiers, le souverain fut obligé de donner de nouveaux ordres. Dans la même étude apparaît en 1308 – 1311 Guillaume de Rocaberti archevêque de Tarragone et collecteur des biens des templiers du Roussillon au procès de Lérida.
  • Il reste à savoir à quelle frontière Alart fait allusion, celle de 1258 ou l’ actuelle? Des Rocaberti seigneurs de Cabrenc à Serralongue en Vallespir au XVè siècle, sans omettre le castillo Resquecens à La Junquera. Sinon on a vu que en matière d’homonymie les auteurs actuels coulés dans la Senyera sont vraiment doués pour situer dans leur aire culturelle des faits, personnages, monuments spécifiques au Fenouillèdes, plusieurs villages et hameaux du Fenolhedés ont ainsi été ” Dépouillés ” par le texte.
  • Informations complémentaires en cliquant sur RANDONNEES puis SENTIER DES PONTS ROMAINS.
  • Roc Vert sur la carte de Cassini au XVIIIè.

Saîxa ou Saîcha P. : Forme médiévale de Saissac…  Le S jumelé se prononce CH. Voir l’article Histoire en 989, de même sur la Chronologie à cette date et en 1240.

La Saline : Lieu où on déposait du sel sur des dalles rocheuses, afin de supplémenter les troupeaux, bovins, caprins, ovins.

 Sarrat de la Carrette L. = Le Plan de la Cour ci dessus. Le premier indique une petite serre, c’est à dire un petit plateau.  Carrette est une dialectisation de  charrette.

Sainte Anne : Elle aurait logé à la chapelle, par ailleurs sise à la croisée d’antiques chemins. La mère de Marie était la patronne des voyageurs, elle aussi.

Santa Félicitat / Sainte Félicité de Carthage : Eglise du IXème à Sournia.

Sant Cernin  (Sant Serni CAD.) L. Saint Sernin, église disparue.

Sant Couat CAD. (Sant Cugat) L. Saint Cucuphat, église disparue. L’article dédié à l’église paroissiale Saint Félix vous en dira plus.

Sarradas IGN : Ce qui ressemble à une agglutination de Sarrat Das … ou à une évolution locale de Sarradel, désignation d’un petit sarrat,  habituelle dans les Corbières L.

Al Soula CAD. : Littéralement au soleil. Versant bien exposé.

Soulano CAD. : Soulane, versant opposé de Bac ci dessus. Voir fenouilledes.fr, Chronologie Historique en 285.

Taillet :  La châtaigneraie Chauvet sur la route en limite du territoire de Le Vivier. Quelle racine est – elle à privilégier, la catalane Tallat ou la languedocienne Talha ? Les ramifications de l’occitane : Coupe d’affouage, tranchant, entaille, morceau… Mais ces espaces étaient occupés par des champs,  des vignes et des vergers, point de taillis. Taillet semble donc indiquer la déforestation préalable à la mise en culture. Une seconde interprétation s’impose, Taillet paraît être la francisation de Taillat, ce dernier étant la prononciation du languedocien Talhat, lequel s’applique aussi bien à la taille des arbres qu’à celle des hommes taillés en pièces ou lapidés. Que s’est – il passé sur le vieux chemin de Le Vivier ? Cette traverse est toutefois assez en amont du lieu qui nous occupe.

Tancourat CAD. : Il se raconte que ce serait une corruption de Camps Courats. Ce déterminant est supposé être ” l’occitanisation” de cour, les parcelles étant closes par des murets. Le préfixe évoque Tancar = Fermer tant du côté de Perpignan que de Carcassonne. Ce lieu bénéficie d’une seconde désignation qui est Le Claus, voir plus haut les commentaires afférents.

Les Tartiés :  Chaos ou éboulis de grosses pierres. Ecriture conventionnelle , dictionnaire languedocien – français d’Adelin Moulis. Tarters en catalan = Amas de rochers.

Le Tartier des Maures : Au confluent des rivières la Désix avec le Rapane. Oppidum de l’âge du Fer, d’après J. Abélanet. Avec Jean Tosti il est rebaptisé Tarter del Moro. Oppida Trévillach et Prats page 115 sur article Tarérach. Voir à l’introduction.

La Terrassou : La place du village sise sur la route départementale. C. + L.

Al Terrié CAD. : Terrièr = Livre terrier, possesseur de terres.  Plus sûrement du fait de nombreuses occurrences languedociennes, indication de la bonne qualité du sol ou de sa valeur agricole.

Les Tres Cortals  ( Les tres Courtals ) : Les trois bergeries. Comparativement à la borde, cortal correspond à une bergerie au sens strict. Chaque borde et cortal  est désigné par un anthroponyme antérieur à la déprise actuelle.  Au rez de chaussée les moutons , sinon des chèvres*, le fenil à l’étage accessible de plein pied. Ces constructions au toit à une seule pente  hors exceptions et en tuiles canal se comptaient par dizaines. Celles au voisinage d’une source furent occupées par des éleveurs jusques dans la décennie 1980.

*Les caprins du troupeau communal rentraient au village pour la nuit, arrivés aux premières maisons il était inutile de continuer à les guider, chaque chèvre se dirigeait d’elle même  vers sa bergerie. Au petit jour le berger les regroupait au son de la conque, elles se rejoignaient comme elles s’étaient séparées la veille.

La Tuilerie : Initialement cela devait être la Teularia, accent aigu sur le A. S’agissait-il d’un bâtiment en élévation ou d’un four à tuiles encastré dans le sol, telle est l’interrogation? Le site d’extraction se serait situé au voisinage du ravin Del Rach, à quelques mètres sous la piste de Sant Couat, le dit rach y est ” barré ” par un muret. Qui cherche trouve, mais pas en ce lieu qui plus est dépourvu de l’eau nécessaire…

Turi : Tuf, généralement libellé avec un Y final. Ce terme semble être un dérivé du languedocien tiure. Pour en savoir plus, fenouilledes.fr  à la date 1733.

Col de Vente Fride, Col de Benta Fride : C + L, IGN  concernant le second qui n’est que la phonétique  de Vente = Vent. Fride est une adaptation de Fred = Froid. L.

Villa Pratis en 1011, Prata, Pratx, Pratz, Praz, Prats de Sournia. Les Prés de Sournia,  Villa au sens médiéval de hameau. Mais les linguistes ne sont pas unanimes :

  • A partir du XIè siècle, le terme villa désigne un village, une terre cultivée et habitée. Jean Marie Cassagne.

El Viver / Le Vivier : Un village au cœur du Fenouillèdes pourvu d’un nom catalan à ses portes ! Ce nom historiquement avéré est surprenant à plus d’un titre. Pour commencer ses seigneurs furent les seuls du pays à soutenir la couronne de France. Sans remonter jusqu’aux latins Viveriis et Viverium il existe des désignations en phase avec la culture languedocienne de ce lieu  en particulier Lo Vivièr, les Vivièrols qui sont ses habitants, enfin il s’agit du vivier à poissons du château désigné Lo Pesquièr.

 

Si vous êtes en mesure de compléter ce patrimoine immatériel local, contactez moi, voyez en bas de page.


Les toponymes correspondant à votre localité sont énumérés sur Rues de ma ville.

  • Quelques uns sont commentés sur fenouilledes.fr, article Toponymes occitans en Pays catalan.
  • D’autres dans le livre de E. Bordes, Prats de Sournia mon village du Fenouillèdes, avec des noms de rues révélateurs mais tombés en désuétude et réveillés par Jany Maury.
  • Termenès Fleur d’Epine, toponymie et macrotoponymie, Claude Pla, éditions l’Harmattan 2015, 800 pages.

 Liens :


 Nomenclature :

  • C : Catalan
  • CAD : Cadastre
  • IGN : Cartes Institut Géographique National
  • L : Languedocien
  • P ou parenthèse : Phonétique
  • PAT : Patronyme