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Toponymes du Fenouillèdes

Ils ont été recensés à Prats de Sournia et villages limitrophes. Le plus souvent ils se révèlent languedociens à l’oreille, nous sommes en pays occitan. Nous les avons orthographiés selon l’Alibert, le ” Larousse ” de la  langue d’Oc, y compris ceux issus du cadastre où ils figurent phonétiquement.

Le passé Aragonais ou  ” Catalan ”  du Fenouillèdes est des plus réduits, résultante de deux legs, vers 1170 à 1220 et  vers 1240 à 1250, les tentatives de conquête ont échoué. Auparavant au temps des carolingiens il dépendait de la Marche d’Espagne et du comté de Bésalu, localité au sud de la frontière actuelle. Ces régions militaires étaient régies par la  ” France “, les comtes et marquis carolingiens de l’entourage de Charlemagne et leurs descendants prêtaient serment d’allégeance à St Denis . Il en était ainsi jusqu’au fleuve Llobregat au sud de Barcelone… Quasiment tous les roussillonnais et autres Catalans ( Conflent, Cerdagne, Vallespir ) ignorent ce pan de leur  histoire, leurs  historiens  ” Omettent ” généralement et séculairement d’évoquer ces bases fondamentales. Le Fenouillèdes fut définitivement acquis à la France dès 1258.

 

A ne pas perdre de vue :

 Il convient d’être méfiant en présence de toponymes de prime abord catalans.

Plusieurs articles de fenouillèdes.fr* vous expliquent jusqu’à quelles extrémités l’excès de zèle expansionniste  catalan aboutit au mépris des occitans limitrophes. Traditionnellement et au delà de tout spécialiste probe, le catalan français autochtone de la Catalogne Nord qui débarque en Fenouillèdes aura propension à cantonner son raisonnement aux termes de sa langue maternelle, les noms français et languedociens du pays** seront naturellement  ” Réemballés  ” à la sauce catalane sans que la tromperie soit obligatoirement voulue, stigmate d’un sentiment surréaliste de fierté identitaire catalane susceptible de ne pas être dominée. Cette attitude dalinienne  ( Salvador Dali ) est chez eux l’opinion la plus répandue. Ce lieu commun est de ceux qui fautent l’interprétation de tout lecteur non averti  en matière culturelle et historique du Fenolhedés.

Concernant les personnages, en pareil cas le moindre mal est de consulter le texte d’origine par exemple la thèse de R. Tréton qui en reproduit en italique de nombreux extraits.  Enfin la toponymie est plus du ressort du linguiste que de l’historien fut il de renom. D’autres aussi regrettent ce type de liberté, Un souffle cathare –  Avertissement.

* Pages A Propos, Toponymie, Gavach…

** Sans limitation à ceux des lieux – dits. Même le mot Fenouillèdes apparaît en catalan dans des ouvrages d’expression française signés par des historiens sang et or dont le renom dépasse largement l’hexagone, tel Jean Abélanet . Ce souci est comparable à celui des gens du Fenouillèdes dans leurs rapports avec les services publics, administration, commerce, ect.  du Roussillon, obligés de rester vigilants afin de parer à ce que leur patronyme ne soit pas libellé en catalan; Par exemple le L simple ou le LH languedociens sont interprétés LL.  Il n’y a pas de raison à ce qu’ils frelatent à la sauce catalane nos noms de famille occitans et qu’ils ne l’aient pas fait pour nos toponymes, pas seulement au temps ou l’ illettrisme était dominant.

 

 

Los Agradanos CAD. ( Les Agradanes ) L. De agrada = beau, agréable, plaire et anos = le lieu, le site. Hormis cette approche, E.Bordes relate dans sa monographie une version coquine en phase avec l’endroit couru par les bergers. Un toponyme simultanément catalan et occitan.  En vieux français Agrader est synonyme de fertiliser.

Les Aguzanes ( Las Aguzanos CAD.) : C + L, L’endroit où on aiguise ? Une étude de la Société Agricole Scientifique et Littéraire des Pyrénées Orientales datant du XIXème siècle attribue une origine gallo romaine soit Aguzanum, propriété d’un supposé Guza. Nous préférons voir un hydronyme. Rivière et grotte de l’Aguzou à Escouloubre 11. Le ruisseau de l’Aguzanum à St Estève 66.

Pour savoir où nous transportent ces suffixes, fenouilledes.fr Chronologie historique à la date 285.

Pont aux Aguzanes avant le déluge du 29/11 2014

Pont aux Aguzanes avant le déluge du 29/11/2014

Aigas Biòlas ( Aygues Bioules IGN ) :  Aigas = Eaux, Biola = Borne, limite.

Antinès CAD. : Le préfixe parait grec, la terminaison celtique = eau ? Captage de Pézilla. Ce lieu – dit s’étend sur les communes de Pézilla de Conflent  et de Prats.

Aragnos ( Aragnous ) :  Il s’agit du  Prunus spinosa avec simultanément la forme orale de l’équivalent catalan Aranyoner hors le suffixe, et surtout celle du languedocien Aranhon*. Toutefois d’une part le prunellier  n’est pas courant en indication toponymique, de l’autre la contrée a enduré des razzias aragonaises. De fait derrière cet Aragnos pourrait se cacher un Aragonés ou comme à Caudiès sa déclinaison Aragous depuis 1542, une des années ou ils ont rasé cette paroisse entre autres. Ce site s’il existe réellement se situerait dans le triangle Prazels – Sant Couat – traverse de Pézilla ? *Egalement surnommé Agragnous phonétiquement.

Aragou  parlé de Arago, Aragon, est aussi ancestralement un patronyme typique du Fenouillèdes. Enfin l’ Épine noire est généralement couverte de toiles d’araignées. A ce stade comment ne pas faire remarquer que le mot  araignée, tant en catalan que en occitan a une graphie très proche,  Aranya et Aranha.

Les Arques : Deux arcades de pierres encastrées dans un mur.

L’Armourière / Plantation de mûriers avec un trou de trop, le R du préfixe. Amorière serait plus heureux. Ravin de l’A. du côté de celui de Rapane. L.

L’Ausina ( L’Auzina CAD. ) : Le chêne vert ou Quercus ilex. L.

Les Axinettes : L’endroit se caractérise par de grandes faîsses / Terrasses de culture  bien exposées, délimitées par un chemin de contrebande qui fut pavé et desservant le Claus ( Voir à ce mot ) local. En dépit de l’altitude, autour de 600 m, l’asperge y abondait naturellement. Une croix des rogations s’y dresse à deux pas de l’église romane.

Qu’es aco ? En prenant un risque minimal d’erreur, ETTES = PETITES. Le reste est plus hasardeux, la présence du X nous paraît surprenante, supplanterait il un C ou un double S ?  Mais à Trevillach il existe un lieu dit Les Axinels. Manquerait il une consonne en initiale ? Ces interrogations aboutissent à retenir pêle – mêle quatre hypothèses d’ascendance languedocienne.

  • Acina ou Açana + ettes = Soit la Cenelle  ou baie de l’aubépine. Elle – même nommée Acinièr ou Albespin, ce dernier l’épine blanche en traduisant. néanmoins ce postulat et le quatrième soulèvent une incohérence avec la proximité immédiate de l’habitat. Comment concevoir des broussailles en terrain cultivé avec des chèvres et des moutons à l’entour, sauf régression culturale et retour à la forêt. Par ailleurs c’est d’avantage un terrain à érable de Montpellier plutôt qu’à aubépine.
  • Bacin + ettes = Bassin, bassine, cuvette.
  • Rasinet + ettes = Petite grappe.
  • Tacina – Tassina + ettes = La viorne mancienne ou Viburnum lantana. Mais ce joli petit arbuste commun sur le versant opposé, ne l’est pas en ces parages, trop cuisants à la belle saison. Enfin il est douteux pour un emploi en toponymie.

Aychart CAD. : Les Essarts du L. Eissart ? Le premier est probablement phonétique.  Le S doublé se prononçant CH,,  trois éventualités :

  • soit un dérivé de Aissada avec son synonyme Eissada ou Aixada, la houe respectivement L et C.
  • Soit une variante de Eissarrar, croiser un labour. L.
  • Sachant que ici aussi la terre est basse, faisons un parallèle avec Eissalancar, s’éreinter en L. Voir ci dessous une éventualité à Aichausses.

Bac dels Arques : Arques dériverait du latin Arca = Dolmen, tombe. Voir Fenouilledes.fr à – 2500. L. Sens de Bac ci – dessous.

Bac de la Fage : Le Bac de la hêtraie, de l’occitan Faja = hêtraie, lui même issu du latin Fagus = Hêtre. Orientation nord oblige quelques sujets descendent jusques vers 700 m d’altitude. Rien d’extraordinaire en cela puisque près de la source de l’Agly on rencontre la hêtraie – sapinière sans s’élever autant.

Bac de la Mulade : Un Bac ou Bach variantes du languedocien Ubac =  Versant nord, ombrée. Une hypothèse pour Mulade, de Muolade = Mulet, en langue d’Oc ? Sinon Mula / Mule en catalan.

La Barso CAD. : Sens indéterminé. Barsa à Le Vivier.

La Borde :  L. De nos jours sur la commune de Le Vivier au  col de Guza, propriété d’une famille de Prats. Selon sa définition généraliste, habitation attenante à la propriété ou à la bergerie et occupée durant la belle saison. Ce toponyme correspond communément aux métairies de la reconquête sur la forêt au XVIè siècle, un système permettant  au seigneur de tirer un revenu du sol. Quand est – il en ce confins de paroisses? A une altitude approchant les 800 m, c’était une terre de prédilection pour la pomme de terre, la betterave fourragère, le maïs, le seigle et d’autres céréales. Plus anciennement une bergerie occupait les lieux. A Prats  cette désignation  a trait à un cortal  ( Voir  ci dessous ) amélioré, en ce sens qu’un espace cuisine s’y trouve, éventuellement un local pour le matériel, pour dormir il suffisait de monter au fenil. Microtoponyme à usage familial ?

Plusieurs bordes sur le territoire communal, la borde d’en Carbonne sur le GR 36 en périphérie de La Pelade.

Aux XII – XIII èmes siècles c’étaient des biens  confiés à des serfs unis à leur seigneur par des liens de dépendance personnelle avec possibilité de s’en affranchir.

Bosc d’en Baillette : Bois de Baillette. L. et PAT. A l’origine ce patronyme s’écrivait Valette.

Bosquet (Bousquet) : Bosquet. L.

Cabés – Carlés : Deux noms pour un même lieu, ce qui ressemble à un passage du catalan au languedocien.

Ce n’est pas parce qu’un toponyme est actuellement catalan ou languedocien, qu’il en a toujours été ainsi et les coexistences ne font pas l’exception. Faut – il pour autant présumer des habitudes d’expressions différentes selon les lignées d’ayants droit?

  • Cabés le médiéval semble être la phonétique de caves ou coves qui sont au sens premier des creux du relief ou sur une roche, des cavités. Caves s’applique à un tunnel gallo-romain à Espira de l’Agly, Coves à des silos à grains de la même période, Las Cobas quartier de Perpignan. Coba désigne une grotte sur le versant opposé de la Désix, vers Rapane. L’échine rocheuse de Cabés est trouée par de modestes grottes. Voir à l’article Histoire en 1638.
  • Carlés = C’est d’abord un oppidum où des tessons romains y ont été découverts, c’est aussi sans l’accent aigu,  un patronyme équivalent dut en français Charles, dont le curé de Sournia en 1743. Un Carlès couru des spéléos à Dourgne dans le Tarn, donc faudrait – il retenir la racine Car = Rocher ? Associé à camin il désigne Charlemagne, y aurait-il eu une antique route dans ces parages? Le chemin de l’Impériale non loin de là serait-il Le chemin de l’empereur?
  • Variante du corbièrenc Carla?  Où Carla s’accorde souvent avec rocher imposant et oppida.

Les cavités de Carlés, la grotte bergerie.

Al Calmeill (Al Carmeill CAD.) L. Le Calmeill PC 781 m : Graphie selon le parler local, le double L semble fautif. De l’occitan calma, pacage de moutons, lieu où les ovins font la sieste, hauteur avec des rochers ou à la végétation rase ( La Calm à Font Romeu, Calmeilles dans les Aspres , Calmel village disparu dans l’Aude, Calms aujourd’hui Camps sur Agly) . Du prélatin car = rocher. combiné à un diminutif eil = petit. Ce qui est en harmonie avec les parages de la croix. Nous suspectons eil d’être la phonétique de èl.

 Camin de Caudiès : CAD. ( Cami de Caoudiès ) Ancienne route de Limoux à Prades par le col de Saint Louis, Fenouillet, Fosse et Sournia. Avec une bifurcation à le Vivier vers les Albas, Ansignan, Estagel. Romaine à en croire la signalétique à Notre Dame de Laval. La présence des Romains est attestée à Campoussy. Itinéraire des armées royales jusqu’au XVIIe siècle. Ce qui implique d’innombrables exactions et des frais d’étape pour les paroisses traversées. Camin, graphie occitane pour chemin.

Camin de Roquevert ( Roquebert ) : Route frontalière avec l’Aragon de Estagel à Prades par Ansignan, les Albas, Roquevert et Campoussy. Croisement à Roquevert à destination de Prats et de Sournia. Là aussi les pavés en galets de granite ont résisté à l’épreuve du temps.

Camp d’en Duffour : Champ de Duffour, Voir article Histoire de ce site en 1750. L.

Camps d’en Guillo CAD. : Champ de Guillo PAT. ; Anciennement un propriétaire de ce nom. A moins qu’il ne s’agisse du renard = Guillo en catalan. A priori on lirait alors D’el Guillo ?

Camp d’en Pons : PAT.

Camps de la Soulano CAD.

Campix CAD. ( Campich) : Pich de l’occitan Picharra… Présence de sources à faible débit. Le suffixe ix serait-il celtique ?

Canton Borgne ( Cantou Borgne ) : De nos jours l’impasse des hirondelles. L. Canton = Coin de rue, coin du foyer au sens de feu. Les rues du village ont porté un nom voilà bien longtemps au point qu’ils sont tombés en désuétude.

Cap Blanc CAD. :  Littéralement Tête ou plus logiquement Promontoire Blanc puisque le masculin prévaut. Éperon calcaire en belvédère dominant Saîcha, ce rocher aurait été exploité pour la chaux. Son écroulement en serait la conséquence.

Capelania ( Capellaniu ) : Le presbytère, accent aigu sur le A final. L.

La Carrerasse  CAD. C.  Ou Carrairasse = Carreirasse ? Du Catalan à l’Occitan, dérivé du latin Carraria / Carreria pour chemin carrossable.  pourrait correspondre à une voie romaine sinon pré-romaine ou à un chemin de transhumance, une carraira en languedocien. Cependant elle paraît quelque peu étroite pour cette destination pastorale en comparaison de la draille du Languedoc. D’autre part un pavement a subsisté en plusieurs endroits. Des pavés pour des brebis et des chèvres ? Ce chemin à du avoir diverses destinations. Toponyme fort répandu dans le bassin de l’Agly. Aménagée en sentier de randonnée, balisage jaune. C’est aussi le chemin de traverse de Prats à Sournia.

Prise dans le sens opposé elle mène à l’Hôtel de Matignon, lire De Garrigues en Ministères, le roman autobiographique de Claude Guillabert paru aux éditions de Saint Amans en 2010.

  • Le suffixe asse = rue, semble être d’origine germanique. Il est connu en rive droite du Rhin dans strasse. Les alsaciens ont Strasbourg.
  • Sans dévoyer la réalité d’une voie antique, il faut citer J. M. Cassagne à propos de Fargasse, la forge de Sournia : Asse est souvent à valeur dépréciative, plus rarement augmentative… Auparavant il aborde le cas de La Cabanasse sur la via Conflentana.
  • Asse peut aussi traduire l’ancienneté, l’obsolescence.

As Castanhièrs ( Castagniès CAD. ) : As évoque à la fois une altération de l’article pluriel catalan Las = Les et de son homologue local languedocien Als. Castagniès pour Châtaigniers paraît aussi bien dériver du catalan que de l’occitan, respectivement Castanyer et Castanhièr?

Catla CAD. et IGN (Cailla) : Altération du languedocien Calhau / Pierre très dure, Caillou, le sens le plus élémentaire à nôtre humble avis et en matière de caillasse on y est bien servi. Sinon synonyme de Calha, la caille languedocienne. Catlla = Château en catalan. Un Catla à Conat.

Caussi CAD. : Bien nommé, pour un causse calcaire. L.

La Chapelle  ( La Capeille ),  Capéla en languedocien , la chapelle des suppliciés. Ceux qui me connaissent comprendront pourquoi je ne pouvais l’éviter.

 Lo Castèl / Le Château : Quartier haut du village, espace entre la tourCR67 BON SOUSCRIPTION 2017 PRATS DE SOURNIA et la Placette. La forme occitane est extraite de Nomenclàtor Toponimic de Catalunya del Nord – IEC / UPVD, lien en fin d’article. Nous avons lu le fantaisiste Castellas sur un site aux couleurs catalanes, jamais entendu dans ces murs, l’explication après recoupements est dans l’introduction.

Las Chausses CAD. (Aychausses IGN, Aïchosses) : Aux confins de Sournia et de Prats, sens indéterminé. Ai pourrait être une amputation de la dialectisation audoise de Las en Lai puis Ai en vocalisation. Lai comme Las = Les. Chausses s’approche de causse, même sens sur l’ Alibert que sur le Larousse. Au sud de la combe le paysage est conforme au terme géographique. Ce qui nous amène à Eissuch, sec en L., d’autant que le S double se dit CH.

Clapadou CAD. ( La Clapadou ) : Clap = Pierre, Clapa = Eclat de bois ou copeau, Aclapar = Couvrir de pierres. L.

Le Claus probablement Al Claus : L’ enclos, le clos. Les environs du tennis, les vignes y étaient closes par des murets. L. Al Claus s’appliquait usuellement à la réserve seigneuriale. Le droit de clore était propre au seigneur. Espace vraisemblablement dédié dès l’origine à la vigne en tant que culture précieuse. La proximité de l’église à 300 mètres conforte ce qui précède. Cet endroit est également nommé Tancorat ( Tancourat ), voir à ce toponyme ci dessous.

Clòt Font Barbix ( Clot Foun Barbix CAD. ) : Le clos de la fontaine de Barbix. A Prats Clot correspond invariablement à un embryon de vallée. Remarquez le suffixe à consonance gauloise. L.

Clòt del Rach : Un T est présumé après le A.  Rach = Ravin. Celui en direction de Sournia aussitôt après La Rabouillère. L.

  • L’appellatif rach relève de l’occitan rajar “Jaillir, gicler “ Claude Pla.

Clòt d’en Rivière : P. et PAT. Un autre patronyme à la même phonétique, Ribière.

Coba En Calh : Grotte En Calh à Trevilhac, lieu – dit  Rapane près de la route. A nôtre avis la forme Coba d’en Calh est une déviante. Si Coba est catalan, le languedocien En Calh traduit l’inachevé, un grain ou un fruit non arrivés à maturité seront exprimés ainsi. De même la pré – puberté ou les fontanelles avant leur cohésion. Cova d’en Calés a tout l’air d’une corruption.

Combo Bella CAD. ( Coumo Beilla ) : Vraisemblablement Petite Combe sinon deux éventualités, Belle Combe ou Combe Vieille. L.

Les Commandeurs : En souvenir de la présence templière ou en relation avec l’intérêt panoramique du lieu – dit ?

Como Miquel . CAD. : Combe de Michel voire de Miquel un patronyme du cru. La variabilité de la graphie Combe nous ramène à l’exemple Prats ci dessous.

Conc ( Counc ) : Conque, figuré Al Cros sur le cadastre, un synonyme occitan signifiant Le Creux. L.

Las Corbes P. et L.  Indique des ravins à l’écoulement  saisonnier, justement c’est le cas à l’endroit qui nous intéresse en amont du captage du Prats d’en Pézilla. Le rapport au corbeau communément avancé dans tout le Languedoc est la plupart du temps  fantaisiste sous les cieux méditerranéens, toutefois  ils n’y manquaient pas de grains quand les céréales occupaient l’espace. Cela ressemble à une confusion avec Corbatièra, cité dortoir habitée par des corbeaux dans la proche banlieue… d’un champ de maïs.  La plus part des étymologistes estiment que Corbes dérive du radical pré – celtique Korn, variante de Kar = Rocher, mais sur ces champs point de rochers escarpés ou pas.

La Costo CAD. ( La Coste ) : Le coteau. L. Le sens de chemin est autant à retenir.

Le Cougul P : Deux possibilités, soit Coguol le coucou occitan, soit une queue en allusion au resserrement de la vallée ?

Coumail ou Coumeil d’en Marti P. Petite combe de Marti, Marty voire Martin.

Coumo dels òrts CAD. : Phonétique languedocienne de l’équivalent catalan Coma = Ravin. La graphie occitane étant Comba, Coume, ce dernier tout en étant occitan n’est pas considéré appartenir au vocabulaire languedocien.

Lou Courrédou : P. Un impasse relativement étroit nous menant à Corredor = Corridor. C. + L. C’est un des noms très ancien des rues du village, qui se cache sous les plaques actuelles apposées dans les années 1980.

Cova de les Encantades :  Grotte des fées à Pézilla de Conflent. Extrait de Lieux et légendes du Roussillon par Jean Abélanet.

Ce Cova c’est à dire grotte de l’autre côté des frontières (1258 et 1659 ) est étrange* dans le bassin de l’Agly, il ne correspond pas  à la désignation des cavernes du Pays qui est Cauna, la caune de Carlés de la dorsale de Prats; D’autant que dans ce recueil le Fenouillèdes ou Fenolhedés en Languedocien apparaît exclusivement sous ses déclinaisons exotiques qui sont Fenollède et Fenolleda écrites à la catalane.

* Étrange sans être étranger comme déjà vu a Coba en Calh. Voir la précédente cohabitation catalan avec languedocien au travers de Cabés – Carlés.

Ravin de la Coummo CAD : Coumo dels Orts prolongée.

Ravin du Counq CAD. Phonétique de Conc.

Coutibe de Pressillaa ( Pressillas CAD. ) : De Cotiu ou Coitiu = Terrain inculte en languedocien. Un des innombrables mots du dictionnaire Gabach usité par les catalans. Coutibe dérive de la phonétique de Cotiu. Sens de Pressillas, mystère ? peut- être une corruption de Pressillac, comme Bournac, Cadérac et Frédérac, chacun à Le Vivier, ces suffixes en AC évoquent d’emblée des propriétaires Gallo Romains. A voir, le Recueil des chartes du Masdeu volume 1, . L’article église St Félix et fenouilledes.fr Chronologie en 285. L.

Col de la Croix de Fer / Crotz de Fèrre* :   A l’intersection des chemins de Prats  à Trévillach , de Sournia à Pézilla et de l’église de Sant Couat. Oratoire des Rogations, témoin des processions. * D’après Nomenclàtor Toponimic.

Oratoire des rogations du Col de la Croix de Fer.

Oratoire des rogations du Col de la Croix de Fer.

Al Cros : Voir à Conc.

Crotz ( Croux ) des Axinettes, des Falhièras, de la Soulano, Croix de Fer, toutes des Rogations. Croix de mission du Calmeill. Croix de Garouilla et de Moussen Perillou toutes deux disparues. Voir pages Histoire en 1638 et 1888. L.

La Désix : Torrent, nouvelle terminaison façon Vercingétorix, A. de Pous propose Désig. Adasig est quelque fois avancé, Adadig en 1142. Là on se rapproche du commun Adoux lequel s’applique à une source = Dotz ou par dérive Adotz, la Doux à Rabouillet où la Désix naît. Ce toponyme est de ceux susceptibles d’être liés à la pénétration des Tectosages de la Narbonnaise vers – 300.

La Devèse ( Débésou ) Interprétations les plus couramment admises.

L’Esquine d’Ase  / L’Échine d’Âne : Sournia aussi a la sienne. la ligne de crête  IGN PC 710 dite Aîchausses depuis Prats. En catalan on aurait eu Esquena d’Ase. Esquino d’Azé sur la flore de Gaston Bonnier 1853 – 1922, c’est un terrain à salsifis noir!

Le Fajàs : Ou Fagas improprement, du latin fagus,  le hêtre, ici celui d’en Baillette classé arbre  remarquable. Dans la forêt de Le Vivier aux confins avec Prats. L.

Falgasses ou Falgas ? C. + L. Il y passe le Camin de Caudiès, cependant une réserve est à émettre. S’agirait il de Falgas ? Un nom de lieu dit qui n’est pas rare, au point de le retrouver dans la même vallée ou guère plus éloigné, Les Falgassous, un petit plateau dominant la rive droite de la Désix. Falga de falguièra, falgaira… La fougère aigle. Comme fallières, le Rec des Fallières.

Favièra L. ( Fabière ). Une fabiére étant un champ de fèves = fabes. Elle était après le blé la plante la plus importante dans l’alimentation en permettant de constituer des réserves pour l’hiver.

Las Foînes IGN : Un rapport envisagé avec Faînas = Fouines, misère. Avec une inclination pour ce dernier sens, anciennes cultures en terrasses ( Faîssas ) sur pente abrupte et sol squelettique. L.

Font d’en Cauneille : PAT. ,  venu au XVII ème du bassin du Rebenty – Cailla?

Font du curé : Tarie, à la Soulane sur le sentier des jardins en rive gauche du ruisseau.

Fontmarie L. Au moulin de Duffour à Roquevert lequel est pourvu en eau par cette importante source et non par la Désix qui le borde.

Font dels Piusélas : Fontaine des Pucelles. L.

 La Font Vièlha* / Fontvieille ( Founvieille ) L. : Maçonnerie datée de 1830, mais avec une telle désignation elle est à présumer plus ancienne. Il existait une fontaine antérieure au Rec de la Farda, celle citée en 1686 ? Le vieux chemin qui commence dans le virage dominant les abreuvoirs la desservait. * D’après Nomenclator Toponimic.

Le Four à Chaux : A Cabés – Carlés.

Al Frigola CAD. ( Frigoulat ) : De frigola le thym du Languedoc. Dans le même parler selon Pierre Malvezin Frigoula = Envie de sauter, danser. Trépignement d’un cheval, saillie ? Mouvement nerveux chez l’homme.

Als Fumades CAD. : Pourrait désigner un espace de fumage de viande au néolithique ? Un toponyme similaire à Caramany, voir liens en bas de page. Sinon les toponymistes y voient un dérivé de ” Fémus ” le fumier. Il s’agirait d’une aire de couchée pour les ovins, par voie de conséquente d’un parc de fertilisation. L.

Garabouillère CAD. : En occitan Garra = Endroit pierreux. Garrabièr = Eglantier. Voir à Rabouillère.

Al Garrolha,  AL Garouillat CAD. L. ( Garouilla ) Désigne le chêne à Kermès et nous donne ainsi une vague indication de la situation. L’Alibert le traduit également par Dispute, Querelle.

Garrolha aurait désigné initialement l‘écorce des racines du chêne kermès exploitée pour le tanin. Par extension le kermès lui – même, H. Harant et D. Jarry.

La Gaunha ( Gaouna ) : Joue, visage, trogne, creux d’arbre … L. Au – delà de la rue ainsi nommée au début des années 1980, il s’agissait déjà  de la frange du bâti dominant le lotissement en cours.

Versions Claude Pla, lequel a répertorié  La Gauna avec un accent aigu sur le A final à Laroque – de- Fa, Maisons, Quintillan , comme ici des lieux habités.

  • Pourrait être issu du gaulois Acaunos = Pierre, rocher. L’antique falaise d’Acaunus dans le Valais, au pied de laquelle sera crée un sanctuaire regroupant les ossements des 6500  martyrs de la légion des coptes thébains, massacrés par les romains pour avoir refusé au nom de leur foi  de persécuter d’autres chrétiens vers la fin du IIIè siècle, si Saint Eucher évêque de Lyon a dit vrai. Ce lieu sacré précède l’abbaye de St Maurice.
  • Autre hypothèse, une ascendance avec l’abbaye de St Maurice d’Agaume construite au VIè siècle en succession d’une église du IVè. Acaunus,  Acaunum, Agaunum, Agaume, La Gauna.

Ginebre C. ( Ginèbre ) = Genevrier cade, on prononce ginièbre, en quelque sorte un compromis catalan – occitan. Ce toponyme se situerait aux alentours de la miellerie mais comme pour Aragnos il pourrait y avoir contestation, à moins qu’il ne s’agisse d’une désignation à usage privé afin de situer un champ par rapport à d’autres. D’autre part ce genre est prolifique dans ces parages, son usage toponymique en est rendu improbable hors éventuelle particularité du dit genévrier.  Plusieurs concernant des végétaux me sont sortis de l’esprit. L’équivalent côté croix raymondine mérite d’être rapporté, il s’agit de Genibre alias ( Génivre ).

Gorgatières ( Gourgatières CAD. ) : Gourg, c’est à dire une mare en milieu karstique, en condition d’eau pétrifiante. Ce toponyme est surprenant dans un environnement schisteux. L.

Cela étant une gourgue en langage oral est un bassin, une réserve d’eau attenante à une source ou alimentée via une paissièra, en Fenouillèdes rigole d’amenée d’eau du ruisseau. Ce type de réservoir d’une dizaine de mètres cubes habituels dans les potagers, permettait de s’affranchir du tour d’arrosage qui pouvait être à des heures impossibles.

Col de Guza CAD. Voir à Aguzanes.

L’Hort des Encantades : André Guiter en 1875, repris par Jean Abélanet. L’Hort tel quel est catalan, les Encantadas sont des fées tant en Catalogne que en Occitanie. Voir l’article Histoire en 1874 et la remarque émise à Cova de les Encantades.

Ièras ( Ières ) : Aires à dépiquer selon l’Alibert, L. A l’entour de ce qui fut la cave coopérative, plus durablement les moutons ariégeois ou catalans y étaient parqués au temps des transhumances. Agglutiné en Lière de Rodes sur les hauteurs de Le Vivier.

Impériale : Le chemin qui relie le col de la Croix de Fer à Saîxa. Bien plus ancien que sa désignation napoléonienne ne le laisse à penser, il est la continuité du chemin de Trévillach traité dans cet article. De plus si une diligence à étage s’y est engagée, son cocher était obligatoirement le roi des rênes, plusieurs virages sont en épingle. Impériale est le nom de baptême des routes aménagées sous le second empire entre 1852 et 1870. Localement cela concerne la départementale 117 mais sa construction ayant débutée en 1845, elle fut d’abord dite royale. Retour à Prats, pour l’anecdote signalons un rocher couronnant le PC 651 dont le profil, observé depuis le col de la Croix de Fer a l’allure d’un aigle prêt à prendre son envol.  Il se raconte que c’était aussi  une tire de débardage du temps lointain ou des bœufs tiraient des grumes de Boucheville par le Calmeil et Aichausses… Voir à Carlés. je dirais peut – être plus logiquement issus des forêts de Le Vivier. Ce passé au bas mot centenaire expliquerait – il le profond ravinement jusqu’à la roche mère  de ce chemin ? Développement à Le Palhado.

Lagalet CAD. : Agglutination de La Galet ? Gosier, cou, goulot de bouteille … C. + L.

La grimpette : On dirait Montada en langue d’Oc, curieusement seule la forme française a cours. Le seul intérêt de ce toponyme étranger à ceux languedociens qui l’entourent est qu’il  se cache sous la plaque rue Ludovic Massé. Ce romancier présenté par Grasset au prix Goncourt fît quelques séjours en ces lieux. Plus récemment  dans les années 1960 – 80 cette rue était celle des  Aveugles. l’Union des Aveugles 66 y avait fait construire une maison de repos, comme on le pressent les accès étaient inadaptés à cet usage. L’agencement des locaux n’étant pas mieux pensé ses dirigeants préférèrent vendre ce domaine.

Chemin Lòn de Trévillach CAD. : Chemin Luonh = Le chemin qui mène loin. Sinon Long = long, lent, depuis longtemps, de toujours. L.

Le Ménié ( Méné IGN. ) grotte chapelle du Ménier. En remplaçant l’accent aigu par un grave sur le deuxième E on obtient l’équivalent de mine, mineur, minier en Languedoc. Décidément l’endroit est vraiment curieux. Montalba le Château a son Ménié, une ancienne mine de barytine. Voir l’article histoire en 1874.

Las Milhàs ou Le Milhès ( Millès ) : Milhàs d’après Nomenclàtor Toponimic.  Maîs, millet, sarrazin. L.  Du quel est – il question, le millet ou le maïs? Chacun milh prononcé mill.  A priori il s’agit du premier puisque traditionnellement le millet était cultivé plusieurs années d’affilée sur le même lopin. Il avait sa place dans le pétrin, le potage et à la basse – cour*. Grande culture du XIè au XVIIè siècles il sera détrône par l’introduction du maïs. La plaque de rue Chemin des Milles, au départ de la traverse de Pézilla, affiche une corruption initiée par la phonétique. Le Milhòrca ou blé noir entrait aussi dans la préparation du Milhàs.*Dans le pays le terme officiel est cortilhe phonétiquement courtille.

Montée des farahoners / Montada dels farahoners ( Mountado dels faraouners ). En langue d’Oc  la racine Far équivaut à Phare. Dans le bassin de l’Agly il faut comprendre Tour à signaux c’est à dire Farahon. Le “donjon” qui domine le village en était un au XIIè siècle. Le signal sous l’aspect de flammes nocturnes ou de fumée en plein jour  était allumé par le Farahoner.  Farahon et farahoner sont des termes du Fenouillèdes. Toujours en langue d’Oc, Montade s’applique à un accès sévèrement pentu, là une rue laquelle aurait pu être aménagée en escalier, une main courante opportune y est déjà. Noms historiques des rues, voir à Canton borgne.

Nacruses : Un vallon, des prairies à l’herbe grasse nageant dans l’eau qui y naît… jusqu’à  une époque récente. Pourrait être issu de Na Cruses. Na en langue d’oc était une particule honorifique pour les femmes, soit Madame … Mais en feuilletant l’Alibert aux pages NA, il émerge que cette racine trempe souvent dans l’eau comme :

  • Narbonne : Narb désignait la rivière Aude du temps de Ptolémée le géographe, en parallèle avec Atax.
  • Nauda ou Nausa : Prairie humide, marécageuse. Et tant d’autre mots…

Cruses : Deux origines occitanes ne peuvent être écartées : Crus en variante de Conc ou Cros développés plus haut.

Crusa pour Dur, Rude, Cruel, Non cultivé.

A Prats, Conc  semble prévaloir, Nacruses est attenant à La Favièra, à l’opposé du chemin du Peyre, c’est la source du Rec de la Farde.

La Palhade (Paillade) ou Le Palhado ( Le Pailladou ) L : La paille. Juste avant d’atteindre l’oratoire de Saixa au débouché du chemin dit L’Imperiale, voir à ce toponyme.  On est sur un ancien ” centre de remise en forme ” … des bœufs employés au débardage. Evidemment personne à Prats n’a connu cette époque, c’est un héritage du temps des veillées au coin du feu. Quand à savoir quelle était la destination des troncs ? Deux éléments plaident pour la Têt à  Ille, à savoir :

  • La géographie et l’ ancien chemin de Trévillach.
  • Les coupes du Madres et de Salvanère aboutissaient  au susdit fleuve via le Col del Tribes, soit par le chemin du Languedoc de Catllar, soit par le tracé en partie commun de la Tira del Rei à destination de Ille sur Têt. Rei est l’équivalent du français Roi autant à Barcelone que à Toulouse, ici en référence aux pasquiers royaux du Madres et de Les Angles ainsi desservis.

Paret Llongua CAD. : Mur Long. L.

Pas de la Mandre L. Pas = petit passage permettant d’accéder à un champ, sentier animalier, là celui de la renarde. Le célèbre col du Pas de l’Escale à Vingrau.

Patas Negras : Les Pattes Noires, les Pieds Noirs. Aucun rapport avec d’autres rivages. Ce surnom des pratois est en allusion à la couleur de la terre particulièrement quand elle est mouillée.

Les Pauses ( Paouzes ) : Sur la base de l’Alibert peut -être un dérivé de Pausas ou de Pausa, respectivement mettre les terres en repos, repos-pause. Ces sols sont si pauvres qu’ils ne sont plus travaillés depuis de nombreuses générations. Du point de vue toponymiste cela viendrait d’une aire de couchée pour les moutons sans qu’ils soient obligatoirement transhumants. L.

Pelade (Pelado, Pellado) L. Issu de Peladis = Terrain pelé. Que ce soit à Prats, Le Vivier, Sansa ou dans les Corbières, ce sont toujours des pâturages de sommets. D’innombrables moutons s’y sont suivis.

Le Peyre CAD. : De Pèira = Pierre, caillou, dalle, l’endroit en est bien pourvu. L.

Sarrat d’en Peyre CAD. : Sarrat  pour une colline dont le sommet est plat. Supposons que Del = Du ait été accidentellement écrit d’en = De. Cependant Peyre a été un nom local, Marie Peyre épouse Henri Cauneille ” à l’origine ” de cette dernière lignée de Prats.

La Pinouse IGN : Pinède. L. Phonétique de Pinosa, en catalan on aurait eu Pinéda.

Lo Plan (Lou PLA CAD.) : Le Plat, comprenez celui du relief. L.

Plan de la cour = Sarrat de la Carrette L. Un plan est un terrain plat, une plaine.

Plan de las Forques L. ( Pla de las Fourques ) Ce toponyme s’applique pareillement à un carrefour d’axes de communication ou aux fourches patibulaires qui étaient généralement implantées en de tels confins de paroisses. Soit sur la route moyenâgeuse Limoux – Prades et  sur la séparation des paroisses de Prats avec Sournia. Voir à Pré des Supplices ci -dessous.

Avec J M cassagne Forques est typique du domaine occitan. Cependant il n’est pas dans l’Alibert, seules des variantes y sont dont : Forquèla / Petite fourche, Forquejaire / Utilisateur d’une fourche. Christian Camps dans son dico de catalan rattache Forques aux fourches caudines.

Pols ( Pouls ) : Poussière, balle de céréales

Pont dels Cabras : Pont des chèvres à Roquevert sur la Désix. L. y compris Pont.. Ouvrage du IXè ou Xè siècle sinon romain.

Pradas : Grand pré. L.

Prats de Pézilla CAD. (Prats d’en Pézilla ) : Les Prés de Pézilla PAT. Une des désignations du cru se caractérisant par des formes différentes. Nos aînés étaient fort inspirés ! A Le Vivier ils l’ont écrit Prata sur  leur cadastre.

Los Prasèls ou Prazels CAD. ( Pragels ) : Les petits prés. Le premier est proposé sur Nomenclator Toponimic.

Pré des Supplices :Par déduction, Prat dels Justicias en C. ou Prat dels essilhaments en L. Voir l’article histoire en 1612 et 1727. Justice toujours ci – dessus à Plan de Las Forques.

La Rabouillère : Où que ce soit dans l’hexagone tout chasseur vous confirmera que c’est un synonyme de garenne. Mais là en terrain occitan il faut peut-être aller à Rabouillet. De Rebolh = Cépée, Taillis. Dans la région Rabouillère s’applique aux défrichements sans déssoussages des IX – Xè siècles ou du XIIè. On m’a toujours situé ce lieu-dit à l’endroit de celui cadastré Garabouillère.

La Ramade : Parc ou sont regroupés les ramats, c’est à dire les troupeaux de moutons, voir l’article cabanes. Toutefois il ne faut pas exclure le sens d’averse. D’autant que dans les secondes précédant l’orage sur le village, on entend quelquefois l’ondée arriver de La Ramade. Notons au passage que ce dernier toponyme est simultanément Catalan et Occitan.

Rapane : IGN A Trevilhac le ravin qui descend du Col des Auzines et la vigie si bien nommée du château de Roquevert car agrippée sur les flancs du Roc Blanc. Retenons les languedociens Rapa / Racine, Souche, tout en préférant Rapar / Ramper, grimper, s’agripper, gravir une pente escarpée, ce qui est en adéquation avec son environnement. Anes / Le Lieu chez les Gallos – Romains. Par ailleurs l’endroit est cerné d’oppida.

Les catalans avec leur Rapar ? Aucun rapport, il se traduit Se Raser.

Rasimière ( Rasimièro CAD.) L. De rasim = le raisin. Soit un endroit où sont produits les raisins, correspondant aux environs de la prise d’eau de la retenue. En témoignent des lianes sub-spontanées de variétés de Vitis vinifera visibles en milieu non refermé. Une sorte de vigne sauvage, commune avant le phylloxéra et capable de grimper à plusieurs mètres. Rasimièra selon l’Alibert, vigne haute, treille, cep appuyé sur un arbre ; vigne sauvage. Les deux premières interprétations correspondent à ce qui m’a été transmis.

Rec dels Falhièras (Fallières ) L. Le Ruisseau des Fougères. Vraisemblable francisation de l’occitan Falhièras.

Rec de la Farda (Farde , Fardo) :  L. Littéralement le Ruisseau du Linge, en fait de la lessive puisque les ménagères de Prats l’ont fréquenté jusques en novembre 1902, date correspondant à la mise en service du lavoir sous la Font Vièlha .

Rec de las Illos CAD. : Chevauche la limite communale avec Felhuns. Le déterminant est l’une des variantes du languedocien Illas soit îles avec  en ne retenant que quelques synonymes, ilhe, Iscla… Au IXè siècle Yla et Ylles concernant Ille sur Têt, voilà pour les origines romanes. Visiblement le sens occitan diffère de celui attendu, point d’île, d’îlot, en se référant au dictionnaire Alibert. En languedocien il s’agit d’une bonne terre riveraine d’un ravin ou d’un cours d’eau,  d’un atterrissement sur une rive. A Prats il se situe  dans un vallon assez encaissé au confluent du Rec de la Coummo avec une ravine descendant de Campix. Compte tenu du relief l’accès en voiture n’est possible que depuis Felluns. Analogies géographiques pour le moins fréquentes en Corbières – Fenouillèdes où ce nom a été attribué à des centaines de sites.

Rec de la Farda, Ravin de la Coummo et Rec de las Illos font trois désignations pour un même cours d’eau. Prises respectivement dans le sens de l’écoulement.

Cascade au rec de Las Illos. Prats de Sournia.

Cascade au rec de Las Illos.
Prats de Sournia.

Roc Courbe IGN : Le bien nommé, vraisemblablement la francisation du languedocien corb pour courbe. L’absence d’accent grave sur le o réfute l’homonyme désignant le corbeau et ce n’est pas son biotope. Corb a le même sens en catalan et en langue d’oc.

Bac de Rodes : Voir Chronologie fenouilledes.fr  à – 2500. L.

Roc Rouge ou Roque Rouge ?  Aucun rapport les lichens de cette couleur en mouchetis sur le schiste noir. Une piste nous embarque à destination des phéniciens. Voir Chronologie à -1500. Il correspond au P.C. 881 en limite de la forêt domaniale de Sournia.

Roc Rouge de Sournia

Roc Rouge de Sournia

Roque Traucada ou Rocà Traucada  : Littéralement la roche trouée traduit du languedocien. Las rocàs traucadas sont une curiosité géologique observable en maints endroits du territoire communal et développée sur les fiches sentiers. Ce lieu – dit  est par ailleurs le cimetière des pestiférés ou plus exactement un cimetière de… puisque le quartier compris entre l’église St Félix et la mairie a également été un lieu de sépultures. Supposons que St Cucuphat n’était pas là! Rocà TRaucada aussi désigné l’Homme Mort, un toponyme L’Homme Mort à Sournia, peut – être son prolongement et un autre à Le Vivier. Un pays de criminels !

Roquevert IGN. C. + L. Rochas viridi en 1329, viridis = vert. Citons Annie de Pous, ” Rocha “ dénote une antiquité certaine. Il précède souvent le nom des plus anciens châteaux… en mentionnant celui qui nous occupe. Jean Abélanet argumente à l’identique concernant le préfixe avec datation aux IX – Xè siècles voire antérieurement jusqu’à l’invasion arabe.

  • La Désix y est dominée par deux oppida, le Tartier des Maures et Carlés.
  • La tour serait du XIè pour les uns, un farahon du XII- XIIIè pour d’autres.
  • Corrélation ou simple homonymie ? Bernard Alart relate que le seigneur Rocaberti établi sur la frontière du Roussillon, s’opposa au roi d’Aragon en 1308 qui lui mandait l’arrestation des templiers, le souverain fut obligé de donner de nouveaux ordres. Dans la même étude apparaît en 1308 – 1311 Guillaume de Rocaberti archevêque de Tarragone et collecteur des biens des templiers du Roussillon au procès de Lérida.

Il reste à savoir à quelle frontière Alart fait allusion, celle de 1258 ou l’ actuelle? Des Rocaberti seigneurs de Cabrenc à Serralongue en Vallespir au XVè siècle, sans omettre le castillo Resquecens à La Junquera. Sinon on a vu que en matière d’homonymie les auteurs actuels coulés dans la Senyera sont vraiment doués pour situer dans leur aire culturelle des faits, personnages, monuments spécifiques au Fenouillèdes, plusieurs villages et hameaux du Fenolhedés ont ainsi été ” Dépouillés ” par le texte.

  • Informations complémentaires en cliquant sur RANDONNEES puis SENTIER DES PONTS ROMAINS.
  • Cahiers d’Ille et de…Trévillach, Yves Blaize page 6 et suivantes.
  • Roc Vert sur la carte de Cassini au XVIIIè.

Saîxa ou Saîcha P. : Forme médiévale de Saissac…  Le S jumelé se prononce CH. Voir l’article Histoire en 989, de même sur la Chronologie à cette date et en 1240.

La Saline : Lieu où on déposait du sel sur des dalles rocheuses, afin de supplémenter les troupeaux, bovins, caprins, ovins.

 Sarrat de la Carrette L. = Le Plan de la Cour ci dessus. Le premier indique une petite serre, c’est à dire un petit plateau.  Carrette est une dialectisation de  charrette.

Sainte Anne : Elle aurait logé à la chapelle, par ailleurs sise à la croisée d’antiques chemins. La mère de Marie était la patronne des voyageurs, elle aussi.

Santa Félicitat / Sainte Félicité de Carthage : Eglise du IXème à Sournia.

Sant Cernin  (Sant Serni CAD.) L. Saint Sernin, église disparue.

Sant Couat CAD. (Sant Cugat) L. Saint Cucuphat, église disparue. L’article dédié à l’église paroissiale Saint Félix vous en dira plus. Il est à remarquer que le catalan Sant Cougat cohabite verbalement avec son équivalent languedocien.

Sarradas IGN : Ce qui ressemble à une agglutination de Sarrat Das … ou à une évolution locale de Sarradel, désignation d’un petit sarrat,  habituelle dans les Corbières L.

Al Soula CAD. : Littéralement au soleil. Versant bien exposé.

Soulano CAD. : Soulane, versant opposé de Bac ci dessus. Voir fenouilledes.fr, Chronologie Historique en 285.

Taillet :  La châtaigneraie Chauvet sur la route en limite du territoire de Le Vivier. Quelle racine est – elle à privilégier, la catalane Tallat ou la languedocienne Talha ? Les ramifications de l’occitane : Coupe d’affouage, tranchant, entaille, morceau… Mais ces espaces étaient occupés par des champs,  des vignes et des vergers, point de taillis. Taillet semble donc indiquer la déforestation préalable à la mise en culture. Une seconde interprétation s’impose, Taillet paraît être la francisation de Taillat, ce dernier étant la prononciation du languedocien Talhat, lequel s’applique aussi bien à la taille des arbres qu’à celle des hommes taillés en pièces ou lapidés. Que s’est – il passé sur le vieux chemin de Le Vivier ? Cette traverse est toutefois assez en amont du lieu qui nous occupe.

Tancourat CAD. : Il se raconte que ce serait une corruption de Camps Courats. Ce déterminant est supposé être ” l’occitanisation” de cour, les parcelles étant closes par des murets. Le préfixe évoque Tancar = Fermer tant du côté de Perpignan que de Carcassonne. Ce lieu bénéficie d’une seconde désignation qui est Le Claus, voir plus haut les commentaires afférents.

Les Tartiés :  Chaos ou éboulis de grosses pierres. Ecriture conventionnelle , dictionnaire languedocien – français d’Adelin Moulis. Tarters en catalan = Amas de rochers.

Le Tartier des Maures / Oppidum de la Melre : Au confluent des rivières la Désix avec le Rapane. Oppidum de l’âge du Fer, d’après J. Abélanet. Avec Jean Tosti il est rebaptisé Tarter del Moro. Oppida Trévillach et Prats page 115 sur article Tarérach. Voir à l’introduction.

La Terrassou : La place du village sise sur la route départementale. C. + L.

Al Terrié CAD. : Terrièr = Livre terrier, possesseur de terres.  Plus sûrement du fait de nombreuses occurrences languedociennes, indication de la bonne qualité du sol ou de sa valeur agricole.

Les Tres Cortals  ( Les tres Courtals ) : Les trois bergeries. Comparativement à la borde, cortal correspond à une bergerie au sens strict. Chaque borde et cortal  est désigné par un anthroponyme antérieur à la déprise actuelle.  Au rez de chaussée les moutons , sinon des chèvres*, le fenil à l’étage accessible de plein pied. Ces constructions au toit à une seule pente  hors exceptions et en tuiles canal se comptaient par dizaines. Celles au voisinage d’une source furent occupées par des éleveurs jusques dans la décennie 1980.

*Les caprins du troupeau communal rentraient au village pour la nuit, arrivés aux premières maisons il était inutile de continuer à les guider, chaque chèvre se dirigeait d’elle même  vers sa bergerie. Au petit jour le berger les regroupait au son de la conque, elles se rejoignaient comme elles s’étaient séparées la veille.

La Tuilerie : Initialement cela devait être la Teularia, accent aigu sur le A. S’agissait-il d’un bâtiment en élévation ou d’un four à tuiles encastré dans le sol, telle est l’interrogation? Le site d’extraction se serait situé au voisinage du ravin Del Rach, à quelques mètres sous la piste de Sant Couat, le dit rach y est ” barré ” par un muret. Qui cherche trouve, mais pas en ce lieu qui plus est dépourvu de l’eau nécessaire…

Turi : Tuf, généralement libellé avec un Y final. Ce terme semble être un dérivé du languedocien tiure. Pour en savoir plus, fenouilledes.fr  à la date 1733.

Col de Vente Fride, Col de Benta Fride : C + L, IGN  concernant le second qui n’est que la phonétique  de Vente = Vent. Fride est une adaptation de Fred = Froid. L.

Villa Pratis en 1011, Prata, Pratx, Pratz, Praz, Prats de Sournia. Les Prés de Sournia,  Villa au sens médiéval de hameau. Mais les linguistes ne sont pas unanimes :

  • A partir du XIè siècle, le terme villa désigne un village, une terre cultivée et habitée. Jean Marie Cassagne.

El Viver / Le Vivier : Un village au cœur du Fenouillèdes pourvu d’un nom catalan à ses portes ! Ce nom historiquement avéré est surprenant à plus d’un titre. Pour commencer ses seigneurs furent les seuls du pays à soutenir la couronne de France. Sans remonter jusqu’aux latins Viveriis et Viverium il existe des désignations en phase avec la culture languedocienne de ce lieu  en particulier Lo Vivièr, les Vivièrols qui sont ses habitants, enfin il s’agit du vivier à poissons du château désigné Lo Pesquièr par mes ascendants.

 

Si vous êtes en mesure de compléter ce patrimoine immatériel local, contactez moi, voyez en bas de page.


Pour en savoir plus.

  • Quelques uns sont commentés sur fenouilledes.fr, article Toponymes occitans en Pays catalan.
  • D’autres dans le livre de E. Bordes, Prats de Sournia mon village du Fenouillèdes, avec des noms de rues révélateurs mais tombés en désuétude et réveillés par Jany Maury.
  • Termenès Fleur d’Epine, toponymie et macrotoponymie, Claude Pla, éditions l’Harmattan 2015, 800 pages.

 Liens :

  • Étymologie occitane
  • Dictionnaire Occitan – Français  panoccitan.org
  • Le dicod’oc de Lo Congrès ” Organisme interrégional de la langue occitane “.
  • Les secrets des noms de lieux
  • Toponymie du Pays D’Oc  pedagogie.ac-toulouse.fr
  • Glossaire de toponymes occitans  pedagogie.ac-toulouse.fr.
  • Toponymes axéens.
  • Nomenclature toponymique de la Catalogne Nord. Un inventaire très incomplet produit par l’ Institut des Etudes Catalanes de Barcelone et l’université de Perpignan, page 116. publicacions.iec.cat/repository/pdf.  Tous les villages des Pyrénées Orientales avec ceux du Fenouillèdes 11 et 66. Il est dommageable que les toponymes catalans et occitans soient mélangés sans être différenciés, le lecteur non averti les verra tous catalans. Épuration absolue des marqueurs languedociens présents dans l’aire catalane. En tant que tel ce site est à bannir.

 Nomenclature :

  • C : Catalan
  • CAD : Cadastre
  • IGN : Cartes Institut Géographique National
  • L : Languedocien
  • P ou parenthèse : Phonétique
  • PAT : Patronyme

Sentier des ponts romains

A voir : Hormis ce induit par le titre, des milieux très contrastés, une chapelle préromane à travers des chemins templiers. Dans un espace classé ZNIEFF et SIC, Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique des garrigues de Sournia et Site d’Importance Communautaire* pour ses chiroptères.

La grotte chapelle susdite. Dans le village, l’église romane et la tour à signaux du XI  – XIIIe, une végétation typiquement méditerranéenne avec des olivettes à 600 m d’altitude !

* Ou Zone de Protection Spéciale – Natura 2000 chiroptères du massif des Fenouillèdes.


 

[su_heading]Ne vous aventurez pas au mépris des recommandations randonnées de l’article éponyme.[/su_heading]


 

  • Difficulté : Tous publics
  • Temps de marche : 3h pour un marcheur confirmé.
  • Balisage : jaune, ignorez les autres couleurs.

 

Laissez vôtre voiture sur le parking de la cave coopérative à proximité du Bar piscine. La DFCI F60 est étroite, sinueuse et réservée aux ayants droit. Mieux à pied vous pourrez vous extasier devant le panorama dans son immensité et tant de points d’intérêt qui autrement passeraient inaperçus.

  • Observez les toitures encadrant le virage de la départementale, quand le cers s’ y met, c’est avec conviction. Le cers est le même vent que la tramontane des catalans. Simplement ici vous êtes en Occitanie. Un des pays les plus anciennement annexés par la France, en 1258. Quand aux façades traditionnelles, elles ne sont que de pierres et de terre à laquelle s’est rajouté un mortier maigre ” Moderne “.

00:00 Prenez la rue des Corbières, la première perpendiculaire à la route. Puis aussitôt à droite, le chemin de la chapelle. Ce qui vous mène à la Fontvieille (prononcez Foun Bielle), la fontaine abreuvoir. Du nom d’une fontaine citée en 1686, sise dans le rec proche. Remplissez vos gourdes, c’est la même eau que celle du réseau et l’opportunité de ne se représentera pas.

L’ayant dépassée, vous arrivez à un nœud de pistes. Le panneau DFCI F60 vous flèche la bonne direction, hors balisage jaune.

00:10 Lo Prat dels eissilhaments,

  • le pré des supplices et sa chapelle, Vous réintégrez le balisage jaune PR. Cette chapelle est sans nom, cependant le lieu est dit ” Le pré des supplices “. Les seigneurs de ce pays détenaient la haute justice, voir à l’article histoire en 1612. La tour farahon fut la prison de la baronnie de Rabouillet – Joch au XVIIIe siècle.

Sinon au croisement précité, le marquage PR vous promène en contournant la tour Farahon par la gauche, avant de rejoindre la chapelle à l’intersection de chemins historiques.

  • Une carrairasse ou carrerasse si repris à la sauce catalane,  voie de transhumance ? Pas exclusivement car maintes sections sont encore pavées.
  • Remarquez dans les buis, un pavement érodé. Romain selon la mémoire collective. Laquelle omet que nos pas foulent ceux des templiers. D’une certaine façon ils tenaient tout le canton de Sournia. Raccordement du village à la route Limoux  – Prades.

Au prochain virage vous laisserez le bitume pour continuer tout droit.

  • Perspective sur la “frontière” de Charles le Chauve, l’imposante muraille des Corbières qui barre l’horizon au nord et la Marche d’Espagne. Une dynastie comtale, de la lignée d’un cousin germain de Charlemagne, va régner sur le Fenouillèdes et ce qui deviendra la Catalogne nord et sud, jusqu’à la fin des années 1100. Tout en ayant l’obligation de prêter serment d’allégeance aux rois de France. Une de ces clefs de l’histoire omises de part et d’autre des Pyrénées catalanes par ce qui ressemble à un lobby de la Senyera, le drapeau sang et Or. Lequel fut adopté en ce temps là par Raymond Béranger IV en remplacement de la croix occitane et pour s’en démarquer. Toute histoire impliquant les doigts d’un empereur dans le sang de Wilfred le Velu, un des plus célèbres marquis, est une pure tromperie qui participe d’un négativisme de la même origine que ci – dessus.

00:18 On atteint une nouvelle desserte goudronnée. A suivre momentanément sur la gauche.

  • Très beau point de vue sur Prats avec les Corbières comme écrin.

Revenus sur vos pas, vous vous engagez sur le sentier pavé tel que l’indique le panneau Sournia 1.7 km. Vous parcourez un plateau entre un ou deux murets qui canalisent vôtre traversée.

  • Plusieurs cabanes vont attirer vôtre attention de part et d’autre du sentier. Mais elles ne valent pas celles de l’itinéraire qui leur est dédié.

00:26 PC 699 (point cartographié 699 m d’altitude) A l’opposé du plateau vous abandonnez la dite carrairasse par ailleurs traverse de Sournia. Ne tenez pas compte du panneau qui vous indique cette destination et suivez le chemin délavé en tournant sur la gauche de sorte à décrire un U ouvert.

  • Une jolie cabane délicieusement ombragée vous accueille.

00:30 PC 690 Vous voilà à un cortal, une bergerie en ruine.

Vous ne souhaitez pas continuer, repli tranquille assuré sans avoir à faire demi tour. Voir le plan.

  • Grand écran sur Campoussy, la frontière de St Louis c’est à dire la Serre de Sournia. La première ligne de sommets de l’autre côté de la vallée devant le mont Canigou. Au delà c’était l’Aragon puis l’Espagne jusqu’au traité des Pyrénées en 1659. C’est donc aussi une marge culturelle et tectonique comme on le verra plus en avant. Le Fenouillèdes a la particularité d’avoir toujours été Français. Sauf deux épisodes résultant chacun de legs testamentaires, abrégés par les rois de France.

A ce qu’il reste de la bergerie de Aîchausses, poursuivez à droite sur le sentier perpendiculaire à la façade et qui vous engage dans le vallon.

  • Des abricotiers, des céréales et des vignes reconvertis en près. Quelques cabanes méritent au titre de leurs plafonds de s’écarter de la trajectoire.

00:33 Entrée dans le maquis et la ZNIEFF. La voie charretière vous descend à la R.D. 7.

  • Observez l’abondance de chênes verts détruits par la sécheresse de 2007 – 2008. Le dérèglement climatique n’affecte pas seulement les antipodes…

00:40 PC 621 sur la RD 7 au Pas de la Mandre ( De la renarde ) : Vous accédez à la zone Natura 2000 tout en restant dans la ZNIEFF.

Optez pour l’autre piste qui commence sous la départementale. Sinon si ça suffit pour vous, Prats est à 2.5 km par la route.

  • Particularité climatique : Un mouchetis d’oliviers sauvages émaille la garrigue jusques en bordure de la piste, pourtant nous sommes à l’altitude 600 m. L’Olea europaea variété sylvestris ou Olivastre en languedocien porte greffe des sélections cultivées est indicatif d’un étage de végétation dit thermoméditerranéen. Les botanistes le situent en zone littorale, en le plafonnant vers 300 m  concernant les Pyrénées Orientales. C’est à dire que nous sommes devant un micro climat privilégié, vous allez rencontrer d’autres genres représentatifs, cade, camélée,  rue d’Alep, salsepareille  … Dans ce milieu des végétaux peuvent être plus hâtifs qu’en plaine du Roussillon ou se démarquer par un retard de végétation insignifiant.
  •  Le Cap Blanc : Vous parvenez à un belvédère sur la vallée close de la Désix, vue d’ensemble sur les oléastres. A voir en semaines 17 à 20 pour la superbe floraison blanc pur des amelenquièrs ou poiriers des rochers / Amelanchier ovalis, les fissures en sont généreusement garnies.
  • Le calcaire se présente en lauzes, laussas avec incrustations de paillettes d’aspect terreux.  Ce rocher aurait été exploité pour la chaux. Son écroulement en serait la conséquence.

Le Cap blanc au centre avec Sournia en fond, 2017.

00:48 L’Impèriale :

  • une route selon des critères révolus en bordure de ce qui fut un verger d’abricotiers.
  • Des abricotiers à cette altitude ? Qui plus est des Bulidas et des Rouges du Roussillon. Eh bien ce fut une réussite magistrale à en susciter des jalousies et à en planter sans discernement. Un passionné y faisait prospérer un panel conséquent d’espèces fruitières et des légumes arrosés à l’eau précieuse : artichauts, asperges, fèves, oignons, tournesols énormes… Ne dit on pas que les apparences sont trompeuses. Ces terres sont plus cultivables qu’il n’y parait, quand on connait son affaire.

On suit ce chemin creux vers le bas.

01:02 Après un pavement oublié des sangliers on arrive à un ponton rustique. Nôtre parcours se prolonge à même le ravin sur environ 300 m.

01:05 PC 456 Plateau oléicole de Saixa.

  • Nous l’avons connu couvert de vignes et de rangs de vénérables oliviers, ultérieurement au gel inégalé de 1956.
Fraxinelle détail

Fraxinelle détail

A la carrière filer à gauche.

01:09 Oratoire de la Paillade.

  • Un des emplacements présumés du château des Saixa. Sa plus ancienne mention est de 989. Dans un acte de donation à l’abbaye de Saint Martin Lys par les nommés Sizibaut et Ermitrud. Aucun vestige n’est parvenu jusqu’à nous. Il devait se situer à l’endroit de l’oratoire en montant de Roquevert par le pont des chévres non loin de l’église préromane Saint Félicité de Carthage. Sinon un lieu dit Catla, en catalan Catlla : château, à environ 1 km au nord à l’extrémité opposée de la dorsale. La forme occitane avec un L unique synonyme de Calha, n’a en elle même aucun intérêt ici. Elle s’applique à la caille, à défaut à la truie.
  • Cette famille apparaît des 1240 en Aragon actuel Conflent, principalement à Paracols et à Fuilla. C’est à dire en pleine tourmente des faidits, les chevaliers hérétiques spoliés par la croisade des barons du nord.

 

  • Question géologie, vous êtes passés vite fait du schiste noir au calcaire et maintenant c’est du granite. Celui de la plaque ibérique. Vous êtes dans la grande faille mer – océan. Cliquez sur l’article géologie de ce site.
  • Le sentier en sous bois est pavé de granite, vous êtes sur la route médiévale d’Estagel à Sournia par Ansignan.
  • Peu après l’oratoire, en vadrouillant entre les chaos granitiques, très belles vues plongeantes sur le défilé de la Désix et le château de Roquevert sur son piton à 500 m orthodromiques, gardant un nœud routier de cinq directions menant à Campoussy, Sournia, Prats, Pézilla, Trévillach. Les vestiges d’un troisième fortin se dressent dans ce prolongement, sur l’échine calcaire du Roc Blanc. Roquevert fut un village sinon un hameau, lequel devait être implanté près du château ou en face non loin du moulin d’après le cadastre de 1813, présence de fontaines sur ces deux possibilités. Un document de 1594 nous apprend que toutes les maisons sont ruinées, peut – être depuis la fin des années 1360 puisque les actes notariés sont absents à dater de 1363. Cahier d’Ille consacré à Trevillach.

01:17 La calade vous a amené au Pont Dels Cabras (des chêvres).

  • Romain ou plutôt du IXe –  Xe siècle ? Un ouvrage identique vous attend tout près, à la borne kilométrique 20, PC 382, au début du pont moderne en rive droite. Suivez le sentier pour un aller – retour de 500 m approximativement jusqu’au :
  • Pont dels Mandres sur la Ferrère, fontaine tarie sous la première arche rive droite, logée dans la construction de ce pont romain

01:23 Retour sur la route départementale 619 en rive opposée. On domine la Desix sur environ 1.5 km jusqu’au :

01:36 Panneau chapelle Ste Félicité.

  • Un prieuré du IXe siècle à guère plus de 200 m en contrebas. Cette église préromane se caractérise par ses arcs outrepassés, évoquant un fer à cheval. Un temps assimilé au style Mozarabe. Assymétrie à gauche de l’abside quadrangulaire par rapport à l’axe de la nef. En allusion à la tête du Christ penchée sur son épaule droite. Comme Saint Michel aux deux églises jumelées, Sainte Eulalie ou Saint Barthélemy de Jonquerolles rattaché à Bélesta. Ce type d’architecture aurait été introduit par les Wisigoths puis repris par les musulmans à la faveur de leur conquête de l’Espagne.

Sainte Félicité située In castellione figure en 1011 sur une bulle de Serge IV, dans les possessions de l’abbaye de Cuxa. In castellione fait vraisemblablement référence au château de Saixa.

Un coin à en rêver pour pique niquer au bord du torrent.

Eglise Ste Félicité.

Eglise Ste Félicité.

01:42 Remontés sur la RD 619, vous vous enfoncez au panneau stop sur une voie viticole goudronnée qui vous ramène à la carrière puis au pseudo ponton.

01:51 Là bifurquez en rive droite.

01:58 PC 526 un petit col. Guère plus en avant sur le versant opposé du ravin :

Une grande pyramide dédiée aux Dieux de la persévérance et de la misère. Elle ne fournit plus le moindre épi de la céréale des pauvres, mais elle inspire encore beaucoup de respect et de commisération. C. Guillabert, De Garrigues en Ministères.

  • Admirez les faissas  = terrasses de culture, elles occupent une pente au dénivelé moyen de 35 %. Au XIXè  le chêne vert était rare, tout était cultivé, puis le phylloxéra a été introduit, de nombreuses familles du midi ont été acculées à l’exode en Afrique du Nord, Argentine, c’était la valise ou la famine.
  • Vous vous êtes introduits chez les encantadas ou fadas, les fées. A la verticale de la grotte chapelle du Ménier. En remplaçant l’accent aigu par un grave sur le deuxième E on obtient l’équivalent de mine, mineur, minier en Languedoc. Décidément l’endroit est vraiment curieux. Description de cette grotte en 1811 par Nicolas Desmarest.

02:06 On retrouve la RD 619 en direction de Sournia.

02:14 Faisons mine d’entrer dans Sournia, pour tourner en face de la gendarmerie au balisage blanc et rouge du GR 36.

  • Ici naquit le général Tisseyre, demeuré célèbre pour ses faits d’armes en 1863 au Mexique, dans la région de Camerone. Un archevêque de Canterbury et d’autres personnages illustres en sont issus.

02:26 Quitter le GR 36 au croisement dans le ravin en se dirigeant à droite en direction de Prats.

  • Depuis un petit moment nos pas sont à nouveau guidés par des pavés. Ceux du Camin de Caudiès, une route Limoux – Prades où vous ont devancés les romains, les moines de Cuxa, de Lagrasse, ceux templiers. Toutes sortes de troupes armées de l’Ancien Régime.

02:32 Retour au point de passage 0026.

Ste Félicité.

Ste Félicité.

Toutes les photos.


 

Variantes

La grotte chapelle du Ménier : étant sur la D 619 au dessus de Ste Félicité, suivez cette route en montant. Le sanctuaire est au prochain virage, celui avec les cyprès.

Il est possible de commencer cette randonnée par le col de la Croix de Fer. Ce qui permet d’accéder rapidement au point 0048 l’Impériale. En choisissant la direction la plus à droite, au plus près d’un poirier sauvage ( Rubrique photos ). Descendez sans vous éloigner du talus y compris quand la vue se dégage. A l’amorce du vieux chemin de l’Impériale, ce dernier ressemble à celle d’un ravin, sur le côté extérieur d’un virage.

Une fois à Ste Félicité, si le soleil est trop ardent, il sera judicieux de suivre le balisage jaune de fond de vallée jusqu’à Sournia. Ainsi on atteint la gendarmerie en une petite demi – heure.

Plan à combiner avec la carte de randonnée IGN 2348 ET Prades.

RMEAS : Route médiévale Estagel, Ansignan, Sournia. RMEAP : Route médiévale Estagel, Ansignan, Prades. P : Points pittoresques ou panoramiques. CC : Chemin de Caudiès. Route médiévale. C : Cabanes. TDF : Boucle rando de pays, Tour du Fenouillèdes. A : Pont romain sur la Ferrère. B : Pont du 9e10e siècle sur la Désix. Pointillés Blancs : Liaison facile avec la table d'orientation. hors sentier. Pointillés bleus : Lit souterrain de la Désix en période de bas étiage. 2 : Voies pavées ou sections de... Flèche simple : Sens de progression. Flèche double : Itinéraire aller retour. FM : Moulin de Font Marie. Propriété privée. Etoiles rouges : Farahons de Prats et de Roquevert. F : Chapelle pré romane Ste Félicité. M : Grotte chapelle du Ménier. CDF : Col de la Croix de Fer. Font : Fontaine, la Fontvielle. SCV : Ancienne cave coopérative. Point de départ et d'arrivée. Pisc : Piscine municipale surveillée. Bar piscine.

RMEAS : Route médiévale Estagel, Ansignan, Sournia.
RMEAP : Route médiévale Estagel, Ansignan, Prades.
P : Points pittoresques ou panoramiques.
CC : Chemin de Caudiès. Route médiévale.
C : Cabanes.
TDF : Boucle rando de pays, Tour du Fenouillèdes.
A : Pont romain sur la Ferrère.
B : Pont du 9e10e siècle sur la Désix.
Pointillés Blancs : Liaison facile avec la table d’orientation. hors sentier.
Pointillés bleus : Lit souterrain de la Désix en période de bas étiage.
2 : Voies pavées ou sections de…
Flèche simple : Sens de progression.
Flèche double : Itinéraire aller retour.
FM : Moulin de Font Marie. Propriété privée.
Etoiles rouges : Farahons de Prats et de Roquevert.
F : Chapelle pré romane Ste Félicité.
M : Grotte chapelle du Ménier.
CDF : Col de la Croix de Fer.
Font : Fontaine, la Fontvielle.
SCV : Ancienne cave coopérative. Point de départ et d’arrivée.
Pisc : Piscine municipale surveillée. Bar piscine.

Sentier de la forêt royale de Boucheville

 Itinéraire maison forestière de Gastepa, Sarrat Naut.

Ils valent le détour :  De grandes cabanes en schiste noir jusqu’à plus de 30 m², les chemins de l’Histoire, un panorama infini. La majestueuse futaie naturelle où dominent le pin sylvestre, des hêtres imposants et le véritable sapin des Pyrénées d’une hauteur moyenne de 45 m. Natura 2000 ZNIEFF de Boucheville, ZNIEFF des garrigues de Sournia. L’église romane St Félix, la tour à signaux du XI /  XIIIe…CR67 BON SOUSCRIPTION 2017 PRATS DE SOURNIA

Vues aériennes 2017 : fondation-patrimoine.org/les-projets/tours-a-signaux-medievale-de-prats-de-sournia


[su_heading]Ne vous aventurez pas au mépris des recommandations randonnées de l’article éponyme.[/su_heading]


Difficulté : Tous publics

  • Durée : Vous marcherez pendant 5 heures. Durée fonction des aspects ci – dessus.
  • Abréviation : TDF = Tour du Fenouillèdes, balisage en tirets jaunes et rouges

A partir des Quatre Camins c’est à dire le PC 963, cette balade constitue un prolongement du sentier des hêtres remarquables de le Vivier. Reportez vous au plan le concernant afin de ne pas manquer les nombreux points d’intérêt qui précèdent.


 

Laissez vôtre voiture sur le parking de la cave coopérative qui est aussi celui du Bar piscine. La DFCI F60 est étroite, sinueuse et réservée aux ayants droit. Mieux à pied vous pourrez vous extasier devant le panorama dans son immensité et tant de points d’intérêt qui autrement passeraient inaperçus.

  • Observez les toitures encadrant le virage de la départementale, quand le cers s’ y met, c’est avec conviction. Le cers est le même vent que la tramontane des catalans. Simplement ici vous êtes en Occitanie. Un des pays les plus anciennement annexés par la France, en 1258. Quand aux façades traditionnelles elles ne sont que de pierres et de terre, confortées par un mortier maigre ” Moderne “.

00:00 Prenez la rue des Corbières, la première perpendiculaire à la route. Puis aussitôt à droite, le chemin de la chapelle. Ce qui vous mène à la Fontvieille (prononcez Foun Bielle), la fontaine abreuvoir. Du nom d’une fontaine citée en 1686, sise dans le rec proche. Remplissez vos gourdes.

L’ayant dépassée, vous arrivez à un nœud de pistes. Le panneau DFCI F60 vous flèche la bonne direction, hors balisage jaune. Rassurez vous, vous en avez fini avec les très fortes pentes.

00:10 Lo Prat dels eissilhaments,

  • le pré des supplices et sa chapelle, Vous réintégrez le balisage jaune PR. Pour en savoir plus concernant le lieu dit, allez sur l’article histoire en 1612.

Sinon au croisement précité, le marquage PR vous promène en contournant la tour farahon par la gauche, avant de rejoindre la chapelle à l’intersection de chemins historiques.

  • Une carrairasse, carrerasse si repris en catalan,  voie de transhumances, que vous laisserez au prochain virage. C’était aussi la traverse de Sournia. Toujours praticable. Une rando facile de 1h 15 aller – retour.
  • Remarquez dans les buis, un pavement érodé. Romain selon la mémoire collective. Laquelle omet que nos pas foulent ceux des templiers. D’une certaine façon ils tenaient tout le canton de Sournia. Raccordement du village à la route ci dessous.
  • Perspective sur la “frontière” de Charles le Chauve, l’imposante muraille des Corbières qui barre l’horizon au nord et la Marche d’Espagne. Une dynastie comtale, de la lignée d’un cousin germain de Charlemagne, va régner sur le Fenouillèdes et ce qui deviendra la Catalogne nord et sud, jusqu’à la fin des années 1100. Tout en ayant l’obligation de prêter serment d’allégeance aux rois de France. Une de ces clefs de l’histoire omises de part et d’autre des Pyrénées catalanes par ce qui ressemble à un lobby de la Senyera, le drapeau sang et Or. Lequel fut adopté en ce temps là par Raymond Béranger IV, Ramon Berenger* pour ceux baptisés à la sauce catalane, en remplacement de la croix occitane et pour s’en démarquer. Toute histoire impliquant les doigts d’un empereur dans le sang de Wilfred le Velu, un des plus célèbres marquis, est une pure tromperie qui participe d’un négativisme de la même origine que ci dessus.

*Ces noms résultent de curieux arrangements d’historiens, s’agissant d’un comte de filiation carolingienne.

Restez sur la piste bitumée qui grimpe en lacets jusqu’à un premier col, en surplombant un vallon verdoyant.

  • Point de vue sur d’innombrables cabanes encastrées dans les murs.

00:20 Le Plan de las Forques, le Pla de las Fourques phonétiquement.

  • Ce toponyme s’applique pareillement à un carrefour d’axes de communication ou aux fourches patibulaires qui étaient généralement implantées en de tels confins de paroisses..

Vous avez atteint le G.R. 36 au balisage blanc et rouge, tracé à cet endroit sur la route moyenâgeuse Limoux – Prades.

  • Table d’orientation sur le mamelon du Calmeill derrière vous. Question panorama, vous n’en êtes que au hors d’oeuvre.
  • Oratoire sommital du Calmeill PC 781 m, plus exactement une croix de mission . Un nom de lieu dit fort approprié. Il s’applique à une hauteur avec des rochers ou à la végétation rase ( ‘la Calm à Font Romeu, Calmeilles dans les Aspres , Calmel village disparu dans l’Aude, Calms aujourd’hui Camps sur Agly ) . Il est cadastré Al Carmeill. Du prélatin car = rocher. combiné à un diminutif eill = petit. Ce qui est en harmonie avec les parages de la croix. Nous suspectons eil d’être la phonétique de èl. Autres sens en pages toponymes. Voir en 1638 sur Fenouillèdes.fr ou à cette même date à l’article Histoire de ce site .

Il vous reste à suivre le G.R. 36 dans le sens de la montée.

00:25 Remorque citerne feux de forêts.

  • Deux cabanes méritent une halte et surtout une restauration urgente. La principale comporte deux espaces distincts reliés par un caniveau.
  • Aux alentours concentration de blocs erratiques et de rochers de schiste noir criblés de curieuses alvéoles imbriquées laissant imaginer des bulles de cuisson saisies par un refroidissement brutal ? Ou des maquettes de paysages de dolines. Ces cupules naturelles peuvent être réparties en alignements parallèles recouvrant l’ensemble de la roche. Elles font office de points d’eau temporaires pouvant retenir plusieurs litres. Vous en observerez en maints points du parcours.

00:35 Vous êtes sur un petit plateau, le Plan de la Cour.

  • Vous pouvez admirer deux autres cabanes mais de 15 m² environ chacune en surface utile. Différentes par leur agencement. Celle au bord du chemin est aux 3/4 creusée dans le sol.

Pour en savoir plus : cliquez Cabanes sur ce site et Fenouillèdes.fr.

00:38 Au passage canadien vous quittez le bitume et le balisage jaune du sentier d’Emilie. Poursuivez tout droit sur le G.R. 36.

  • Ces barrières qui se rencontrent dans tous les pacages des Pyrénées au Massif Central, ont été inventées  à Sournia par la métallerie* Bénezis. Vous voulez voir les gasconnes et leurs veaux de près, venez de préférence en février mars. Le mieux c’est dans vôtre assiette, les taureaux étant de race limousine la viande est plus savoureuse et tendre que celle de la gasconne pure… livré chez vous, fenouilledes.com/pratsdesournia.php?static4/vie-locale,  marc.deulofeu @ orange.fr  * Métallerie et ferronnerie d’art, les rues de Prats en témoignent.

00:48 La Pelade haute ( Pelado ) Col, nouveau passage canadien. Suivez la piste après cet obstacle pour troupeaux.

00:53 Panneau forêt communale de Le Vivier. Quittez la piste au profit du GR 36 qui monte à gauche.

  • Vous longez de près une ligne de crêtes qui offre un panorama saisissant sur le pic du Canigou, le Madres, le Bugarach, la Grande Bleue…
  • Les bornes avec des nombres engravés dans le schiste noir, matérialisent les limites du territoire de Sournia avec celui de chacun des villages limitrophes.

01:00 Col des Quatre Camins, les Quatre Chemins. P.C. 963.

  • En catalan comme en languedocien, le premier étant essentiellement une émanation de la langue d’oc, on prononce le N muet comme Sournia pour Sornian ,Sornhian.

Des Quatre Chemins à Gastepa par le T.D.F. = moins de 1 h seulement ! De quoi agrémenter l’aller par l’escapade suivante dans la magnifique forêt de Le Vivier et héritée des seigneurs du même nom.

Au portillon en fer prenez à droite entre les marquages ONF, chiffres bleus sur fond blanc, 6 et 8 sur les troncs des pins sylvestre. Là le GR 36 flirte avec la F60, suivez la à gauche. Vous l’abandonnez au bout de quelques mètres en faveur d’une piste secondaire qui dévale la pente hors balisage rando.

01:13 Croisement dans des reboisements en conifères de divers genres dont des douglas ( Pseudotsug Douglasii ). On remonte sur la F48 jusqu’à reprendre la F60 à.

01:18

  •  Toutes ces jeunes plantations étaient voici deux à trois décennies la Pelade de Le Vivier avec des fougères aigle à perte de vue comme au Pays Basque. Une pelade est un terme local pour désigner un pâturage de sommet.

01:22 Limite de communes, Le Vivier avec Vira et porte de la forêt royale. On reste sur la F60. La F10 menant à la maison forestière de Roquebrune en 40 minutes.

01:30 Col de l’Espinas : P.C. 1005, on réintègre le T.D.F. entre de jeunes épicéas à éclaircir et une haute futaie de hêtres. Balisage jaune et rouge.

01:38 Col Bas :

  • PC 1035 Aire de pique nique, poursuivre sur la route forestière de Rabouillet à Gincla vers le panneau forêt domaniale, la F55.

Ces deux cols sont séparés par un raidillon de nature à vous rebuter. En pareil cas au P.C. 1005 prolongez sur la F60 jusqu’à la route forestière et de là direction le col Bas. En terme de durée c’est équivalent.

  • Espinas et col Bas : Revenez y en mars –  avril, premier mai au plus tard, si la saison est tardive. Le sous bois est couvert sur des hectares d’un seul tenant de narcisses et de scilles. Ces dernières ont un feuillage qui fait penser à l’agapanthe comme la couleur de ses fleurs.

01:49 Aire des Escampels : prés du P.C. 1110

Deux possibilités pour se rendre à Gastepa. Soit par la F41 en 26 minutes, soit en restant sur la F55 en 22 minutes.

  • En dépit des apparences c’était la porte d’entrée de la sapinière, les sapins, Abiès pectinata,  y dominaient dans la double acception du verbe. Ils étaient d’une force telle que les bûcherons n’ont pas pu maîtriser leur appétit. Imaginez puisqu’ils sont éradiqués des géants de 45 m en moyenne. Dimensions selon une source ONF antérieure à 1994 , ce même document fait état de 35 m pour le hêtre. Ceux qui vous entourent constituaient la sous strate arborescente de la sapinière. il en est ainsi sur l’ensemble de ce massif.

02:01 A la bifurcation on oublie provisoirement la F 55 pour rester sur le TDF à nôtre droite.

02:05 Font del Colomb :

  • Passé local obligeant, nous libellons les toponymes selon les usages languedociens. Généralement la carte IGN vous dévoile leur prononciation.

02:11 Maison forestière de Gastepa :

  • Sauf francisation habituelle de l’IGN, c’est du vieux français à rapprocher de La Gaste, un lieu dit sur le versant du côté de Montfort. C’est à dire la forêt profonde où il ne faut pas aller car peuplée d’êtres surnaturels et maléfiques. Sinon dans le pays on prononce Gastoupa, à écrire Gastopa, un possible dérivé de gastar pa. Ce n’est pas du pain béni mais littéralement du pain gâté ?

Devant une grande table de pique nique, le TDF pénètre dans la sapinière en l’état de sentier.

02:19 On quitte le TDF, c’est la F 55 TER qui attend les rescapés.

  • La poule aux œufs d’or : Depuis Gastepa on à une idée de Boucheville et sa hêtraie sapinière avant la déferlante des tronçonneuses. Pour combien de temps encore ? Hormis la force inégalée de ce peuplement naturel de sapins, il faut savoir que l’ONF y cueille des camions entiers de cônes pour ses pépinières jurassiennes. C’est ici que la pureté génétique est la meilleure, aux dires des grimpeurs basés en Rhône – Alpes.
  • Encore mieux, nous sommes sur une Zone Naturelle d’intérêt Faunistique et Floristique, entre autres attraits vis à vis des phanérogames. Cet embranchement regroupe notamment les gymnospermes. Des fossiles, le genre Cyca, le Ginkgo biloba et les conifères ! Jurassic Park n’est pas loin, ces végétaux sont apparus à l’ère secondaire pour les plus tardifs .
  • En approchant du col de Mateplane au PC 1189 jolis points de vues sur le vallon de Gastepa et devant vous le Sarrat Naut et ses 1310 m d’altitude. Naut = haut, c’est du languedocien.

02:39 Belvédère. Au panneau forêt domaniale un sentier vous conduit au sommet précité. Aller  retour en moins de 20 mn.

  • Plus on s’engage sur la crête nivelée plus les alentours deviennent dantesques. Au PC 1202 vous êtes au milieu d’un cimetière de souches déracinées sur un sol déstructuré. Jusqu’à l’ouragan de janvier 2009, la voie de débardage s’engouffrait dans une cathédrale de sapins, une majestueuse galerie de verdure empêchant toute échappée visuelle.
  • L’exploitation intensive de la haute futaie en apportant des ressources providentielles à des villages qui en ont bien besoin, surexpose les arbres restants à la force des vents sans qu’ils atteignent l’intensité ci dessus. Ils ont fait un château de cartes. Allez sur fenouilledes.fr article ouragan Klaus.
  • Ces sapins du genre Abiès pectinata ou sapin des Pyrénées étaient coiffés de gui jusques là inaccessible. Dans les jours qui suivirent le cyclone et nonobstant les difficultés d’accès, la forêt fut méticuleusement fouillée, un volume considérable de gui récolté. Nous supposons que c’était à des fins pharmaceutiques. Nombreux usages en cancérologie et contre l’hypertension.

 

  • Les bornes en granite ou en schiste noir attestent de l’emprise de la royauté française et matérialisent la limite communale entre Rabouillet au sud et Vira. Elles vous accompagnent jusqu’au TDF.
  • Panorama hors du commun : au nord ouest le pic calcaire c’est le Pech des Carabatets, des Scarabées autrement dit et ses 1342 m. Comme son jumeau le Sarrat Naut il toise allègrement le célèbre pic de Bugarach qui se détache au nord.

03:09 Retrouvailles avec le TDF sur la F 55 à environ 250 m en amont du carrefour des Escampels.

03:40 L’Espinas : Liaison par le parcours aller. Au débouché de la voûte végétale on progresse en lisière des pins sur le balisage jaune et rouge.

03:55 Nous revoilà aux Quatre Camins et au GR 36. Soit vous persistez à longer la clôture et le balisage blanc et rouge (le TDF s’unit au GR 36), soit au portillon et en l’absence de taureaux, vous passez du côté opposé tout en suivant les barbelés vers le PC 992 et sur vôtre lancée le point 00:48 vu plus haut.

  • Panorama illimité.
  • Elevage Tixador La Fargasse : les bovins que vous apercevez depuis l’Espinas sont des Charolais, c’est le seul troupeau de cette race jusqu’à bien au delà du Pech de Bugarach. Eh oui ! N’en déplaise aux irréductibles Sang et Or, le Vedell catalan et la Rosée des Pyrénées sont généralement nés et élevés sur les bords de la Désix.

04:10 Retour au point de passage 00:48. Vous avez l’opportunité de parcourir un sentier différent de celui de l’aller et similaire en matière de temps nécessaire pour finir la randonnée. En allant tout droit sur un tronçon du Sentier d’Emilie le Chemin du fajas.

04:17 La Pelade basse :

  • L’avancée du pin sylvestre ne date que de 5 à 6 décennies. Auparavant c’était le domaine des ovins.

Le chemin du fagas se prolonge en descendant sur votre gauche.

Fagas du bosc d’en Baillette au 20 novembre

  • Hêtre géant et source à 8 mn.
  • Dissimulés dans les cistes argentis ou ciste à feuille de laurier, deux abris de bergers aux pierres disposées en X. Rudimentaires mais plus qu’il n’en faut pour se parer du vent de nord ouest, le cers ou du marin.

A la Pelade basse 916 m franchissez le pont canadien. Suivez la clôture  sur quelques mètres, au cinquième piquet tournez d’équerre à gauche tout en recherchant un panneau directionnel, intitulé sentier des cabanes 3,5 km. Puis suivez cet itinéraire à contre sens. Il vous accompagnera à Prats en 4 km. reportez vous à la fiche sentier panoramique des cabanes.


 

Notes :

01:18 Si on était resté sur la F 60 aux Quatre Camins ce point aurait été atteint en 10 minutes et le dénivelé moins ardu.

fleur

1 à 3 Narcissus pseudo narcissus 4 Lilium martagon floraison fin juillet, jusqu’à 30 fleurs par tige.

Toutes les photos.

Ce plan prolonge la balade hêtres remarquables de le Vivier, il est à juxtaposer avec celui relatif à la dite balade. C : Cabane en pierre sêche de plus de 30m² Etoile jaune 1 : Un hêtre remarquable Etoile jaune 5 : Cinq hêtres remarquables P : Panorama Encadrés verts : temps de marche additionnel Flêche simple : Sens de progression. Flêche Bi directionnelle : Section aller et retour Pointillés jaunes : Visites complémentaires Belvédère PC901 : trace diffuse sur pâturage embroussaillé. 20mn aller et retour. Sarrat Naut : Tire de débardage du PC1189 au 1130 Trait jaune : Vôtre parcours et ses variantes jumelles RF : Route forestière goudronnée vers... DFCI : Piste de défense des forêts contre l'incendie TDF : Sentier de randonnée tour du Fenouillèdes Font : Fontaine

Ce plan prolonge la balade hêtres remarquables de le Vivier, il est à juxtaposer avec celui relatif à la dite balade et à la carte de randonnée IGN 2348 ET Prades.
C : Cabane en pierre sêche de plus de 30m²
Etoile jaune 1 : Un hêtre remarquable
Etoile jaune 5 : Cinq hêtres remarquables
P : Panorama
Encadrés verts : temps de marche additionnel
Flêche simple : Sens de progression.
Flêche Bi directionnelle : Section aller et retour
Pointillés jaunes : Visites complémentaires
Belvédère PC 901 : trace diffuse sur pâturage embroussaillé. 20 mn aller et retour.
Sarrat Naut : Tire de débardage du PC 1189 au 1130
Trait jaune : Vôtre parcours et ses variantes jumelles
RF : Route forestière goudronnée vers…
DFCI : Piste de défense des forêts contre l’incendie
TDF : Sentier de randonnée Tour du Fenouillèdes
Font : Fontaine

Cabanes en pierre sèche

Cabanes de bergers en pierre sèche.

Bories ou capitelles selon les régions. Dans les Pyrénées Catalanes : barraca, orry pour l’entité barraca et enclos alentour lui même ceint de murets en pierre séche. Plus simplement cabanes en Fenouillèdes et dans l’Aude. En schiste , calcaire , granite… Elles sont communes dans nos contrées. Par centaines autour de Prats de Sournia et des villages limitrophes. Le GR 36 au nord de Sournia et ses deux variantes dirigées sur Prats, balisées en jaune, permettent d’en découvrir de remarquables qui se distinguent par leurs dimensions.

Cabane du Plan de la Cour, F2 en enfilade.

Cabane du Plan de la Cour, F2 en enfilade.

Surface utile au sol du local principal :

  •  Longueur de 7 m à 10 m et plus,
  •  largeur 2.30 m à 3.30 m.
  •  hauteur : 1.60 à 2.70 m.

On retiendra deux modèles principaux, en premier lieu les plus vastes en tunnel avoisinant jusqu’à 30 m² de surface utile. Généralement encastrées en tout ou partie dans la pente, à la toiture plane en lauzes juxtaposées recouvertes d’une mince épaisseur de terre. Elles comprennent fréquemment deux espaces distincts. Il convenait d’écarter les agneaux du troupeau afin qu’ils ne soient pas piétinés. Concentrées sur la jonction terrasses de culture avec les alpages. Sans exclusive puisque il en est de visibles dans les oliveraies délaissées.

Celles appartenant au second type sont soit de plan carré, soit circulaires avec une toiture telle que pré-cité ou en coupole peu prononcée, en comparaison des sites ci-dessous. La voûte est en encorbellement, si vous préférez les dalles sont imbriquées en écaille de poisson. Ces cabanes sont alors de mesures plus modestes. Elles peuvent abriter une source ou un tineil / ” Gourgue “. Elles sont logées dans les murs cantonnant les drailles, dans ceux soutenant les terrasses ou  délimitant la jasse, le pàtus. Sinon isolées sur une parcelle, tous les côtés sont alors apparents.

Sise à Saîxa, vue imprenable sur le défilé de La Désix à Roquevert, 66730 Sournia.

En granite rose, sise à Saîxa, vue imprenable sur le défilé de La Désix à Roquevert, 66730 Sournia.

Dans les deux cas il est rare en Fenouillèdes qu’une cheminée y soit incorporée, il est d’ordinaire nécessaire de se courber pour y pénétrer sans se heurter aux linteau, rêveurs attention bosses assurées à 1.20 / 1.50 h. C’est la seule ouverture hormis une ou deux fentes de lumière éventuellement. Sauf exception sur les bacs, l’entrée est orientée au ‘sud’, ‘sud-est’.

Bâtie en roche calcaire à Prats de Sournia.

Bâtie en roche calcaire à Prats de Sournia.

Prats comme Derc village disparu à l’entrée de la Clue de la Fou fut une étape sur une importante voie de transhumance. Beaucoup se souviennent de la halte nocturne des moutons aux abords de la coopérative. Ce qui pourrait expliquer la relative abondance de ces constructions au voisinage de la carrerasse.

Leur lointaine origine pastorale est contestée, elle ne paraît pas être la règle absolue :

      • Les constructions remonteraient au XVIIIe siècle ou ultérieurement, des dates gravées en témoignent. Afin d’enrayer l’extension des terres incultes, la royauté décida d’exonérer d’impôts pendant 15 ans tout paysan qui remettrait en culture des champs abandonnés depuis 40 ans et plus. Ce fut une opportunité à saisir par les plus démunis qui purent ainsi acquérir des propriétés en ces temps de presque surpopulation.
      • En 1848 la IIè République à peine instaurée, décréta le partage des communaux. Le morcellement induit est à l’origine de diverses édifications, nombreux linteaux datés des décennies suivantes.

Un sentier de randonnée sur ce thème au départ de Prats de Sournia, le Tour des cabanes, désigné dans un premier temps S. panoramique des cabanes, un point de vue amplement justifié. Il faut remarquer que ce n’est pas le seul intérêt de cet itinéraire. Ce très petit village étonnamment dynamique mérite une escapade à bien des égards. Retenons en complément des pages précédentes et sans exhaustive :

  • Natura 2000 – ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique des garrigues et grotte de la Désix.
  • Son panorama exceptionnel, nous sommes sur le Balcon du Fenouillèdes.  Sa diversité botanique à dominante méditerranéenne avec influences montagnardes et océaniques. Des oliviers productifs à 650 m d’altitude cohabitent avec la hêtraie-sapinière. Laquelle enchâsse en son écrin un hêtre totémique des plus vénérables de la région, la circonférence de son tronc est supérieure à 3.50 m.  A voir l’article des hêtres remarquables & l’article de Krapo Arboricole, Le Fajas d’en Baillette.
  •  Ses orchidées : pas moins de 10 genres sont observables, déclinés en de multiples espèces, toutes protégées. Ne pas les cueillir, ni les arracher. Une éventuelle transplantation serait obligatoirement vouée à l’échec. Leurs racines vivent en symbiose avec des champignons mutualistes ou mycorhizogènes spécifiques à leur biotope.
  • Inventaire ( Partiel ) des plantes déterminantes et patrimoniales locales.
  • Diaporamas, relevés botaniques, publications SMBCN, Société Mycologique et Botanique de Catalogne Nord.

Enfin nous ne saurions trop vous recommander de conclure votre escapade par une pause au Bar – Piscine, Informations pratiques.

cephalanthera-blanche

Céphalanthéra damasonium

cephalanthera

Céphalanthéra rubra

Sérapias voméracéa

Sérapias voméracéa

Toutes les photos.

 


Bac ou Ubac : Versant nord ou à l’ombre. A l’opposé de adrét, Adrech, soulane, solanalh.

Jasse : La bergerie ou espace herbeux abrité par le relief, pouvant être ceinturé de murets et destiné à parquer les ovins pour la nuit. Un jas désigne l’endroit où le gros gibier se couche.

Lauzes : Pierres plates à allure de dalles. Ici en schiste noir et localement en calcaire métamorphisé sur l’aplomb de la faille nord-pyrénéenne.

Pàtus : L’enclos. Au XVIe siècle habitation ruinée par fait de guerre ? Sur l’Alibèrt : Patis, pacage, préau, cour intérieure, basse cour…

Tineil : Phonétique de l’occitan Tinèl . Citerne maçonnée collectant les eaux de ruissellement , utiles pour des arrosages d’appoint et surtout à la préparation des bouillies de pulvérisation.

Pour en savoir plus :

Étymologies : 4 liens en fin d’article Toponymes.

La Corbière Catalane aux 17 ème et 18 ème siècle. Philippe Coquin aux éditions Lacour 2006.

Le blog Pèlerins du Fenouillèdes.

Cabanes en pierre sêche

 

 

Accueil Balcon du Fenouillèdes

Il est bâti au flanc d’une colline… Toutes ses fenêtres assistent bouche bée au lever du soleil. C’est un village ancien. De pierre noire cernée de mortier blanc, lavé, brûlé…

…de Ludovic Massé in Visages de mon pays en 1937.

Adissiàs e benvenguda a tots. Bon dia i benvinguda a tots. Bonjour et bienvenue à tous.

 

 

Prats de Sournia littéralement les Prés de Sournia, ce déterminant accolé en 1933 sème la confusion. Il est convenu dans les esprits que Prats ne fut jamais une dépendance féodale ou un écart de Sournia. Mais en 1612 le seigneur de Rabouillet délégua toute juridiction sur Gaston d’Aniort son équivalent de Sournia. Il faut aussi signaler des mariages entre les familles seigneuriales. Nul doute que ces épisodes ont du participer à la dite méprise. Quand à la forme Prats  elle fut fixée en 1913, jusqu’à cette date Pratx prévalait sur ses variantes Pratz (Louis Fédié en 1880) et Prax en 1801 sur le Bulletin des Lois. Sur le cadastre de Le Vivier 1812 rédigé d’une main experte, Prats apparaît ainsi : Commune de Prata, cette forme date de 1793 / An II. Ces finales en en X ou Z se rencontrent toujours du pays d’Aude à la Haute – Marne et dans le Jura. Pour plus de clarté nous n’utiliserons que le vocable Prats dans les pages suivantes. Lequel est uniformément en usage de la Catalogne au Languedoc. Le territoire communal fut semble t-il plus étendu, au sud deux interprétations appuient en ce sens.

  •  Sur la base de la bulle de 1011 il n’est pas à exclure que Ste Félicité et Saixa en étaient parties intégrantes. Les propriétaires de Prats y possédaient des oliviers ces dernières années encore.
  •  Un texte de 1334 situe l’église Sant Cerni à Prats, pourtant ce lieu relève de Le Vivier. Soit le document précité est inexact, soit cette chapelle a été démembrée de Prats suite aux procès sur fond de limites communales pendant la Révolution. Aigas Biòles prononcez Aygues Bioules témoignerait il de ce passé ? Biòla = borne, limite. Plusieurs sources jalonnent les contours du territoire actuel : Font dels Piusèllas la fontaine des pucelles à la Pelade, sous le chemin de l’Impériale au PC 490 en arrivant à Saixa, Font Marie au moulin de Roquevert, Font de Sant Cugat, Campix, entre Campix et le PC 389. Aigas Bioles aurait il appartenu jadis à ce groupe ? Là aussi des familles de Prats ont toujours des biens sur ces terres limitrophes, à La Borde entre autres lieux.
Prats de Sournia

Prats de Sournia

La Carrairasse

La carrairasse à Sournia. Direction Hôtel de Matignon, droit devant…

Village perché sur la façade maritime du Fenouillèdes, étagé au pied de son imposante tourCR67 BON SOUSCRIPTION 2017 PRATS DE SOURNIA et au carrefour d’antiques voies de communications. Très vraisemblablement restructurées par les Templiers. D’une certaine façon le canton de Sournia était à eux. Point de convergence et étape d’importants itinéraires de transhumance, parcourus jusques dans les années 1960 par les bergers du Narbonnais, du Rivesaltais montant au Madres soit par Mauri, Lesquerde ou St Paul de Fenouillet, soit par Planèzes et la vallée de la Désix, Aussières, Roquefortez, Querigut…  Ceux andorrans*, du Donezan  ou de Montaillou  venant brouter sur les bords de l’étang de Salses, des lieux –  dits en gardent la mémoire : Le Calmeill, La Carrerasse, les Fumades, les Pauses, la Pelade,  La Ramade, La Saline… Tout cela implique des centaines de milliers de têtes. roqueforthistoireetpatrimoine

L’immense périmètre géographique** des unions matrimoniales de nos ancêtres se superpose idéalement aux destinations précédentes. C’est une particularité comparativement à un village voisin ou un pourcentage conséquent de mariages a été intra – muros.

* Plus de 6000 en ne prenant que Salses comme exemple.

* Jusqu’à Avignonet – Lauragais, Roquefère, Saurat…

D’ordinaire, à l’évocation des monuments du village, on mentionne la tour à signaux et l’église Saint Félix comme étant les seuls. C’est une inexactitude en rapport à l’oubli d’un écart, étant des plus dissimulés par le relief, le moulin de Font Marie édifice privé et habité déjà cité en 1379.

Vues aériennes 2017 : fondation-patrimoine.org/les-projets/tours-a-signaux-medievale-de-prats-de-sournia

Prats de Sournia : Là – haut sur le Balcon du Fenouillèdes.
Octobre 2017

Culture

Prats n’est pas en Roussillon mais en Fenouillèdes. Fenolhedés en Occitan serait plus adéquat. La culture et la langue des familles qui y sont enracinées séculairement. En voie d’être supplantées par de nouveaux arrivants généralement roussillonnais. Fenolhedés comme Razés, Carcassés, Cabardés… D’après René Nelli de l’Institut d’Etudes Occitanes, D.Baudrel et d’autres linguistes sans aller les chercher au pays de Cervantès (Fenolheda).

Origines

Faisons les débuter vers -4500 -2500 puisque le village est entouré de cromlechs. Ce sont des cercles de pierres levées qui ont en commun avec les menhirs le flou de leur datation et de leur fonction.

Un bracelet et des aiguilles de l’âge du bronze ont été mis à jour. Plusieurs toponymes sont révélateurs par exemple les Fumades, le plat sur lequel a été implantée la retenue collinaire. G.Gavignaud Fontaine conforte indirectement cette hypothèse. A nôtre humble avis des rites païens ont du se dérouler auprès de la pierre levée, laquelle ressemble tellement à un menhir et surtout à un phallus de 3 m en hauteur apparente, quand il se laisse découvrir au détour d’ un virage en venant de Le Vivier. On remarquera que ces mégalithes jalonnent dès Espira de l’Agly, les parcours de transhumance ci – dessus situés.

Ressemble à un menhir phallique? RD 7 Als Fumados à Prats de Sournia.

De petits menhirs auraient ils été réemployés en couverture de cabanes ? Plus de commentaires sur fenouilledes.fr aux pages néolithique.

Les romains ont laissé des tessons sur l’oppidum. Comme à Fosse des monnaies faustiniennes c’est à dire du IIe siècle après J-C ont été trouvées. Ce qui tend à appuyer l’attache ci dessus avec ce village. Le premier texte relatif à Prats est une bulle de Serge IV qui fait mention d’alleux concédés à St Michel de Cuxa par le comte de Bésalu, Bernard dit Taillefer, dont l’un In villa pratis. Ce texte papal nous révèle la fameuse peur de l’an 1000. Il fallait prendre quelques précautions avant de passer de l’autre côté. D’où ces générosités envers les abbayes.


Alleu : Domaine donné en récompense aux guerriers Francs, à titre héréditaire et exempt de redevances.


Les pratséens, pratéens plus logiquement ou pratois en francisant férus d’histoire locale sont relativement nombreux. Je lance un appel à leur participation à l’enrichissement de ces lignes. Prenons garde que notre patrimoine culturel ne sombre pas dans l’oubli avec la raréfaction des familles séculairement établies et de nos aînés natifs d’ici. Dans un avenir proche toute transmission orale en sera empêchée. Il est du devoir de chacun de communiquer les faits locaux à sa connaissance, fussent-ils ténus.

 

         A ne pas manquer 

Chaque mercredi de juillet – août dans le cadre des Flâneries Culturelles de la communauté de communes Agly – Fenouillèdes, visite accompagnée et  gratuite du village sur réservation.

Plusieurs passages sont extraits ou à la base de l’ouvrage : Prats de Sournia, un village du Fenouillèdes, ( 220 pages, 24 x 17 cm ), au prix modique de 20€ paru en 2012,  une véritable bible historique signée par les professeurs Bordes, Calvet et Crambes, BCC dans les pages suivantes. Saluons ici le travail titanesque ainsi impliqué, lequel se chiffre en milliers d’heures d’abnégation, d’altruisme, de passion. Leurs investigations se sont étalées sur de nombreuses années et dans toute la région.  Disponible par courrier à : Mairie – 66730 Prats de Sournia, sur le site internet  ou par téléphone au 04 68 97 74 06.

Restons avec cette noble corporation au travers du n° 10 des Cahiers d’Ille et d’Ailleurs dont pas moins de 34 pages fourmillent de précieux renseignements sur Trévillach, auquel ont été rattachés depuis la Révolution Roquevert et Séquère. Très approprié à la documentation de ce site, de même :

De Garrigues en Ministères, de Claude Guillabert paru aux éditions de St Amans en 2010.

Les autres sources documentaires sont sur Liens et Livres Fenouillèdes. 

 

 

Randonnées encadrées

Par Yves Le Pennec et Daniel Antony, tous les mercredis à 13 h 30 et en moyenne un dimanche par mois. Pour tout renseignement, appelez le 06 24 31 33 36 ou le 06 29 62 05 51. Rubriques Découvrir – Animations du site pré – cité. Des photos qui donnent envie de se bouger sur leur blog Pèlerins du Fenouillèdes. Détrompez vous, l’auteur ne connait pas ces personnes. Il aurait été illogique de créer un site axé sur les randonnées au départ de Prats, en omettant les accompagnateurs qui officient sur place et à fortiori le bar – Piscine : Informations pratiques.


Ce site n’est pas une émanation de la commune. Il n’est que l’oeuvre d’un passionné et n’engage que ce dernier.


Natura 2000 – ZNIEFF : Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique, garrigues et grottes de la Désix. Une ZNIEFF est en résumé un inventaire d‘espèces patrimoniales en un lieu donné. Il s’y superpose un Site d’importance Communautaire* voué à la protection des chiroptères, avec Montalba le Château ce sont les seuls SIC du Fenouillèdes.

  * Ou Zone de Protection Spéciale du réseau Natura 2000.

ZNIEFF grottes Désix et Garrigue de Sournia, entre autres sites dédiés,

 

Espèces déterminantes.

A nôtre humble avis cet inventaire est à compléter.

Agrostemma githago.

Aster sedifolius ” Trinervis “, Galatella sedifolia ” Rigida “.

Briza minor.

Carthamus mitissimus, Cardoncellus mitissimus.

Delphinium verdunense.

Dictamnus albus.

Euphorbia duvallii.

Glaucium corniculatum.

Medicago hybrida.

Orchis provincialis.

Onobrichis saxatilis.

Onopordum acaulon.

Scorzonera hispanica ” Crispatula “.

Trifolium hirtum.

Trifolium montanum.

 

Descriptions :

L’Herbiel de Gabriel herbier.sesa-aude.fr

tela.botanica.org

Fleurs du Roussillon  jeantosti.com/fleurs

Relevés botaniques et diaporamas 2013 + 2017 d’ici et d’ailleurs SMBC  Société Mycologique et Botanique de Catalogne Nord.

 

 

 

Document d’objectifs Natura 2000 sur : languedoc-roussillon.developpement-durable.gouv.fr/...

Orchis

Orchis

Limodorum arbotivum

Limodorum arbotivum

Toutes les photos.


map-home Distances : Perpignan – Ille – Prats de Sournia : 52 km en 1 h. Perpignan – Ansignan – Prats de Sournia : 55 km en 1 h 10′. Perpignan – St Paul – Sournia : 61 km en 1 h 10′. Quillan – Prats de Sournia : 39 km en 45′. Prades – Prats de Sournia : 29 km en 45′. St Paul – Prats de Sournia : 19 km en 30′ .

 

Liens : 

Vous voulez en savoir plus sur quelque sujet que ce soit sur fond d’Histoire, des pages de liens sont à votre disposition, en voulez vous, en voilà. sur Fenouillèdes.fr

 

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